La salle de presse [FACT-CHECK] - Non, les Grecs n'ont pas manifesté en masse contre l'Europe ces derniers jours

[FACT-CHECK] - Non, les Grecs n'ont pas manifesté en masse contre l'Europe ces derniers jours

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Des centaines de milliers de Grecs ont participé à une mobilisation nationale le 28 février 2025 pour commémorer le deuxième anniversaire de l'accident de train le plus meurtrier du pays. Des internautes ont partagé des images d'une foule réunie à cette occasion, en affirmant à tort qu'il s'agissait d'une manifestation "contre l'Europe". Les organisateurs demandaient en réalité justice pour les 57 victimes de la collision frontale entre deux trains en 2023, dans un contexte de colère face à la gestion de la tragédie par le gouvernement. Les manifestants ont déclaré à l'AFP vouloir des réponses sur les causes exactes de l'accident et une amélioration de la sécurité ferroviaire.

[FACT-CHECK] - Non, les Grecs n'ont pas manifesté en masse contre l'Europe ces derniers jours
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"La Grèce aussi manifeste contre l'Europe. Qu'attend la France ?", peut-on lire dans une publication en français sur manifestations contre l'immigration.

Mais aucun élément factuel ne permet de lier cette mobilisation à un sentiment anti-européen ou anti-immigration en Grèce, où la colère exprimée par les manifestants était principalement dirigée vers la classe politique du pays.

La foule observée sur la vidéo est celle d'un grand rassemblement organisé dans la capitale le 28 février 2025 à l'occasion d’une journée de mobilisation en mémoire des personnes tuées dans un accident de train survenu en Grèce en 2023. La manifestation a été initiée par des proches des victimes et soutenue par des syndicats et d'autres organisations de la société grecque.
 

Un rassemblement à l'occasion de l'anniversaire d'un accident ferroviaire

Une CNN Greece (lien archivé Les premières images du rassemblement sur la place Syntagma", l'une des places centrales d'Athènes, située face à l'actuel bâtiment du Parlement grec. La même vidéo a également été partagée sur Facebook, sur TikTok et sur Instagram (archives ici).

Une recherche sur le site internet du média nous a permis d'obtenir davantage de précisions sur ce rassemblement. Dans un ici), CNN Greece précise que "des centaines de rassemblements sont prévus aujourd'hui, vendredi, pour marquer le deuxième anniversaire de l'accident mortel de Tempe". Le même article ajoute : "A Athènes, le 'rendez-vous' dans les rues est fixé à 11H00 vendredi matin (28/02)sur la place Syntagma".

Une article du journal "Le Monde", publié le 28 février 2025 sur son site internet, qui indique clairement qu'il s'agissait d'une manifestation en mémoire des victimes de l'accident de train mortel survenu près de Tempe, dans le centre de la Grèce, il y a deux ans (lien archivé ici).

En regardant de près les détails de la vidéo partagée sur les réseaux sociaux et l'image publiée par "Le Monde", on peut observer le même bâtiment devant lequel se trouve un grand échafaudage recouvert d'un filet de protection bleu, comme encadré en jaune dans la comparaison des captures d'écran ci-dessous.

En outre, il est possible de voir les mêmes installations provisoires de couleur blanche, entourées en rouge ci-dessus, au milieu de la foule.

Les photographes de l'AFP ont également capturé le rassemblement d'Athènes, comme le montre la photo ci-dessous.

En zoomant sur la photo de l'AFP, on peut lire ce qui est écrit, en grec, sur les pancartes portées par les manifestants. Parmi elles, la grande pancarte encadrée en jaune sur la capture d’écran ci-dessous indique : "Le crime de Tempe nous remplit de colère ! Les profits ou les vies ! Les associations municipales d'Athènes".

Aucune des pancartes figurant sur la photo n'a de rapport avec l'Europe ou l'Union Européenne.

Le 6 mars 2025, des journalistes de l'AFP à Athènes ont confirmé l'absence de récentes actions ou manifestations anti-européennes en Grèce, où la mobilisation nationale du 28 février a surtout témoigné de la colère des protestataires envers la classe politique grecque.
 

La colère de l'opinion publique face à la gestion de la catastrophe ferroviaire

Le 28 février 2023, 57 personnes, pour la plupart des étudiants, sont mortes après qu'un train reliant Athènes à Thessalonique, avec plus de 350 passagers à son bord, a heurté de plein fouet un train de marchandises près de la ville de Larissa, à environ 350 km au nord de la capitale.

Les deux trains avaient circulé sur la même voie pendant plusieurs kilomètres sans qu'aucun système d'alarme ne soit déclenché. L'accident a été attribué à un équipement défectueux et à une erreur humaine imputée au chef de gare local ce soir-là.

Sur fond de dissimulation" présumée des responsabilités par les fonctionnaires (lien archivé familles des victimes avaient appelé à une journée de mobilisation nationale, le 28 février, pour réclamer "justice" pour les victimes (lien archivé X le 20 février par la présidente de l'association des victimes de Tempe, Maria Karystianou, dont la fille a été tuée dans l'accident.

L'appel à la mobilisation a été soutenu par les principaux syndicats et d'autres associations et organisations grecques (archive Melbourne (lien archivé Aujourd'hui, nous devons envoyer un message fort pour punir les responsables de cette tragédie", a déclaré à l'AFP Nikos Lykomitros, un étudiant en archéologie de 20 ans, lors de la manifestation d'Athènes. Babis Solakidis, un métallurgiste de 44 ans, a ajouté : "Ce n'était pas un simple accident, et il y en aura d'autres si des mesures de sécurité ne sont pas prises".

Le rassemblement d'Athènes a été ici). Lorsque la mobilisation a repris de façon pacifique, de nombreux manifestants ont crié "assassins", et "démission", apparemment à l'adresse du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, a rapporté l'AFP.

Le gouvernement a rejeté les accusations des partis d'opposition selon lesquelles il serait à l'origine d'un "plan organisé" visant à protéger les hauts fonctionnaires de toute responsabilité concernant l'accident.

Le Parlement grec a cependant décidé mardi 4 mars 2025 de constituer une commission d'enquête préliminaire pour établir les éventuelles responsabilités pénales de Christos Triantopoulos, député du parti conservateur au pouvoir, dans la catastrophe ferroviaire. L'ancien secrétaire d'Etat au sein du cabinet de Kyriakos Mitsotakis est soupçonné de "manquement à ses devoirs".

Les partis d'opposition de gauche lui reprochent notamment d'avoir autorisé le nettoyage rapide du site de l'accident, entrainant la destruction de preuves essentielles pour l'enquête toujours en cours.

Théophile BLOUDANIS / Meissa GUEYE / AFP Grèce / AFP France

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