UN NOUVEAU PLANEUR SOUS-MARIN POUR RÉPONDRE AUX ENJEUX SCIENTIFIQUES SUR L’OCÉAN PROFOND
Les planeurs sous-marins sont des outils révolutionnaires pour l'exploration océanique : ils sont autonomes, pilotés à distance, dotés d’une panoplie de capteurs et permettent actuellement de sillonner l’océan pour collecter des données océanographiques (de la physique à la biologie) de la surface jusqu’à environ 1000-1200 m de profondeur pour la recherche scientifique.Aujourd’hui, alors que les grands fonds marins sont au cœur d’enjeux scientifiques et sociétaux mondiaux, disposer d’un planeur capable de plonger jusqu’à 3500 mètres est une attente forte de la communauté des sciences marines.
UN PREMIER DÉPLOIEMENT EN MÉDITERRANÉE PUIS À MAYOTTE
A l’issue du temps de conception de ce nouveau planeur, une première démonstration de ses performances en conditions réelles aura alors lieu en Méditerranée pour observer les évolutions des propriétés physique et biogéochimique des eaux profondes et observer ainsi les impacts du changement climatique dans le cadre du Service National d’Observation MOOSE coordonné par le CNRS-INSU.
Plusieurs prototypes seront ensuite déployés pendant un an au large de l’île de Mayotte pour contribuer à la connaissance des aléas sous-marins et des risques géologiques et sismiques liés au volcan sous-marin Fani Maoré découvert en 2019. Les nouvelles données acquises lors du déploiement de ces prototypes pourront compléter celles recueillies depuis septembre 2021, à la demande de l’Ifremer, par les planeurs sous-marins SEAEXPLORER (capables d’opérer jusqu’à 1 250 m de profondeur) d’ALSEAMAR dans le cadre du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA).
Ces futurs déploiements permettront non seulement d’améliorer les connaissances scientifiques dans ces régions du globe mais aussi de valider ce nouvel outil d’exploration et de surveillance de l’océan.
Ce nouveau planeur profond intègrera la grande famille des engins sous-marins disponibles pour la communauté scientifique française afin de mieux comprendre la circulation océanique, l’impact du changement climatique sur les océans, les aléas sismiques et volcaniques…
OBJECTIF : EXPLORATION DES GRANDS FONDS
La gamme actuelle de planeurs sous-marins utilisés par la communauté scientifique et produits par ALSEAMAR, unique concepteur et fabricant européen de planeurs sous-marins, permet déjà d’étudier le domaine océanographique depuis la côte jusqu’à 1250 mètres de profondeur. Le dépassement de cette limite d’immersion est associé à des difficultés technologiques relevées par ALSEAMAR qui mettra à profit son expérience reconnue en développement de plateformes autonomes ainsi que dans l’acquisition et le traitement de données océanographiques pour concevoir cette nouvelle génération d’engins.
Cette mission s’inscrit dans l’ambition de l’Etat, avec France 2030, d’accroître la connaissance scientifique des grands fonds tout en soutenant l’émergence d’une filière industrielle nationale compétitive dans le domaine des technologies sous-marines.
À propos du plan d’investissement France 2030
- Traduit une double ambition : transformer durablement des secteurs clefs de notre économie (santé, énergie, automobile, aéronautique ou encore espace) par l’innovation technologique, et positionner la France non pas seulement en acteur, mais bien en leader du monde de demain. De la recherche fondamentale, à l’émergence d’une idée jusqu’à la production d’un produit ou service nouveau, France 2030 soutient tout le cycle de vie de l’innovation jusqu’à son industrialisation.
- Est inédit par son ampleur : 54 Md€ seront investis pour que nos entreprises, nos universités, nos organismes de recherche, réussissent pleinement leurs transitions dans ces filières stratégiques. L’enjeu : leur permettre de répondre de manière compétitive aux défis écologiques et d’attractivité du monde qui vient, et faire émerger les futurs leaders de nos filières d’excellence. France 2030 est défini par deux objectifs transversaux consistant à consacrer 50 % de ses dépenses à la décarbonation de l’économie, et 50% à des acteurs émergents, porteurs d’innovation, sans dépenses défavorables à l’environnement (au sens du principe Do No Significant Harm).
- Est mis en œuvre collectivement : pensé et déployé en concertation avec les acteurs économiques, académiques, locaux et européens pour en déterminer les orientations stratégiques et les actions phares. Les porteurs de projets sont invités à déposer leur dossier via des procédures ouvertes, exigeantes et sélectives pour bénéficier de l’accompagnement de l’Etat.
- Est piloté par le Secrétariat général pour l’investissement pour le compte du Premier ministre et mis en œuvre par l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Agence nationale de la recherche (ANR), Bpifrance et la Caisse des dépôts et des Consignations