1. POLEMIQUE
Bruno Retailleau veut fermer les frontières avec l'Espagne.
Madrid aurait régularisé des migrants susceptibles de circuler jusqu’en France.
Problème : le risque migratoire n'est pas un motif juridiquement reconnu pour activer une telle procédure.
2. L’EUROPE ET SES FRONTIÈRES
Ce qui a disparu avec l'espace Schengen, ce n'est pas la frontière, c'est la systématicité du contrôle à son passage.
Depuis 1952, elle s'est transformée : différenciée, mobile, coopérative.
Elle conserve toutefois une forme de matérialité. Nul ne monte dans un avion sans carte d'identité.
3. LA RÉGULARISATION : UNE MENACE ?
Les personnes régularisées par l'Espagne travaillaient déjà sur le territoire.
Officialisées dans leur emploi, elles n'ont aucune raison de chercher du travail ailleurs.
4. ET MELONI ?
L'Italie a elle aussi régularisé environ 500 000 travailleurs sans titre de séjour.
Retailleau n'a pas réclamé la fermeture des frontières franco-italiennes.
La cible n'est pas Schengen. À travers son visage le plus identifié, Pedro Sánchez, c’est la gauche européenne qui est visée.
5. METTRE L'ESPAGNE AU BAN ?
Les mécanismes de pression européens n'existent qu'en cas de manquement à l'État de droit ou aux critères de Maastricht.
En dehors du droit d’asile, la politique migratoire relève de la souveraineté nationale des États européens
Madrid n'a violé aucune règle.
6. APORIE D'UNE MANŒUVRE
En ciblant Sanchez pour séduire l'électorat français, Retailleau démontre malgré lui que vie politique nationale et européenne sont indissociables.
S'il parvenait au pouvoir, il serait dans l'impossibilité de réaliser ce qu'il a annoncé.
Ce qui se voulait être une démonstration de fermeté révèle surtout les limites d’une prise de position électoraliste.
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