À l’échelle mondiale, les entreprises continuent d’investir massivement dans l’IA. L’investissement moyen prévu sur les douze prochains mois atteint 186 millions de dollars, avec des niveaux particulièrement élevés en Asie-Pacifique (245 millions de dollars), devant le continent américain (178 millions de dollars) et la zone EMEA (157 millions de dollars).
En France, une trajectoire méthodique, centrée sur les fondations technologiques
En France, cette dynamique suit une trajectoire spécifique, d’abord centrée sur la consolidation du socle nécessaire au déploiement de l’IA. Les trois priorités d’investissement IA des entreprises françaises sont l’infrastructure IT et cloud (58 %), la cybersécurité et la sécurité des données (53 %), puis les opérations (50 %). Cette hiérarchie traduit une volonté de sécuriser les déploiements avant d’en accélérer l’extension.Cette approche s’appuie sur un niveau de confiance solide : 70 % des entreprises françaises se déclarent confiantes dans leur capacité à gérer les risques liés à l’IA, contre 65 % au niveau mondial. Elle s’accompagne toutefois d’une vigilance accrue. 52 % pourraient réévaluer leur stratégie d’investissement IA en raison de risques liés à la protection des données et à la cybersécurité, contre 45 % au niveau mondial. Par ailleurs, 45 % des entreprises françaises citent les craintes réglementaires et de conformité comme un frein au déploiement de l’IA agentique, soit 15 points de plus que la moyenne mondiale.
Une création de valeur encore centrée sur l’exécution
En France, la création de valeur liée à l’IA reste principalement centrée sur des usages opérationnels : productivité, automatisation, optimisation des processus et gains d’efficacité. Les usages d’aide à la décision et analytiques sont moins prioritaires, cités par 27 % des organisations françaises, contre 41 % au niveau mondial.La mesure de la valeur reste également plus complexe : 50 % des entreprises françaises déclarent rencontrer des difficultés à mesurer les bénéfices indirects de l’IA, contre 44 % à l’international. Pour autant, l’innovation constitue une priorité plus affirmée en France qu’au niveau mondial : 36 % des organisations françaises en font un axe stratégique, contre 27 % à l’échelle internationale. Cette dualité illustre une dynamique encore en construction : les entreprises expriment une ambition de transformation, mais doivent encore renforcer l’intégration de l’IA aux processus métiers pour passer à des usages plus structurants.
Des projets pilotes au passage à l’échelle
À l’échelle mondiale, le défi n’est plus seulement de déployer des outils IA isolés, mais de les intégrer dans des systèmes coordonnés, gouvernés et capables de fonctionner à grande échelle. Selon l’étude, 39 % des entreprises explorent ou pilotent des agents IA, 32 % les déploient ou les mettent à l’échelle, et 26 % orchestrent déjà plusieurs agents à travers des flux de travail ou construisent des systèmes multi-agents.En France, ce changement d’échelle reste un défi organisationnel, technologique et humain. Les principaux freins concernent la complexité du passage à l’échelle au sein des métiers et fonctions (39 %), le manque de compétences techniques et de ressources dans les équipes (38 %) et l’intégration avec les systèmes et processus existants (36 %).
La montée en compétences apparaît donc déterminante : 45 % des entreprises françaises identifient le manque de formation comme un frein à l’adoption de l’IA, contre 37 % au niveau mondial. Ces résultats confirment que la prochaine étape ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur la capacité des organisations à structurer leur stratégie IA, leur gouvernance et leurs compétences.