La salle de presse ANTIGONE : un nouveau projet européen de recherche sur la désinformation, l’IA générative et la liberté d’expression en ligne

ANTIGONE : un nouveau projet européen de recherche sur la désinformation, l’IA générative et la liberté d’expression en ligne

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Antigone

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Bruxelles, le 30 septembre 2026 — Comment mieux comprendre les nouvelles formes de désinformation et de manipulation de l’information sans fragiliser la liberté d’expression ? Comment identifier les comportements inauthentiques coordonnés, l’astroturfing ou encore les usages de l’intelligence artificielle générative dans les campagnes de manipulation ? Et quels outils peuvent aider les journalistes, fact-checkers, chercheurs, régulateurs et organisations de la société civile à y répondre efficacement ?

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Ces questions sont au cœur d’ANTIGONE, un nouveau projet européen de recherche de trois ans qui étudie les moyens de lutter contre la désinformation et la manipulation de l’information tout en préservant la liberté d’expression et le débat démocratique dans les environnements numériques.
Coordonné par la Vrije Universiteit Brussel (VUB), ANTIGONE réunit dix organisations européennes aux expertises complémentaires en sciences sociales, droit, journalisme, vérification des faits, intelligence artificielle, science des données, méthodes numériques et société civile.

Comprendre ce qui se joue au-delà du vrai et du faux

Une part croissante des phénomènes de manipulation de l’information ne peut être réduite à des contenus simplement qualifiés de « vrais » ou de « faux ».
ANTIGONE étudiera les zones grises du discours en ligne, dans lesquelles opinion, information, manipulation, influence et liberté d’expression peuvent se chevaucher.
Le projet s’intéressera en particulier aux comportements inauthentiques coordonnés, à l’astroturfing, à l’intelligence artificielle générative, à la manipulation des récits en ligne, à la gouvernance des plateformes et aux nouvelles formes de contenus trompeurs ou préjudiciables. Une attention particulière sera portée à la frontière complexe entre les pratiques informationnelles nuisibles et l’exercice légitime de la liberté d’expression.

De la recherche à des outils directement utilisables

Au-delà de l’analyse de ces phénomènes, ANTIGONE vise à développer des réponses concrètes pouvant être utilisées par les professionnels concernés.
Les travaux du consortium devraient notamment aboutir à :

  • des méthodologies de recherche pour mieux analyser les phénomènes de manipulation de l’information ;
  • des outils combinant intelligence artificielle et expertise humaine ;
  • des jeux de données et des ressources de recherche ;
  • des cadres destinés aux médias et aux plateformes ;
  • des recommandations juridiques et de politique publique ;
  • de nouvelles approches destinées à favoriser un espace public numérique plus ouvert et pluraliste.

Les résultats publics du projet seront progressivement mis à disposition afin de favoriser leur diffusion, leur réutilisation et leur appropriation par les chercheurs, journalistes, fact-checkers, décideurs publics et autres professionnels concernés.

Associer directement les professionnels et les parties prenantes

ANTIGONE repose également sur une collaboration étroite avec les acteurs directement concernés par les transformations de l’environnement informationnel.
Des groupes de travail, consultations, ateliers de co-création, sessions intensives de travail sur les données, événements et échanges avec les décideurs publics permettront d’associer directement ces parties prenantes au développement et à la validation des travaux du projet, afin de veiller à ce que les recherches répondent aux besoins du terrain.
Le projet travaillera notamment avec des journalistes, fact-checkers, chercheurs, spécialistes du renseignement en sources ouvertes (OSINT), organisations de la société civile, professionnels de l’éducation aux médias, experts technologiques, institutions européennes et régulateurs nationaux.
ANTIGONE ambitionne d’impliquer au moins 250 parties prenantes dans des ateliers de co-création, des tables rondes et la conférence finale, tout en constituant un réseau d’au moins 50 membres dans 10 pays européens.

Élargir et diversifier l’écosystème européen des parties prenantes

La première cartographie des parties prenantes du projet met en évidence plusieurs lacunes géographiques, thématiques et sectorielles.
ANTIGONE poursuivra donc l’identification et la mobilisation d’acteurs actuellement sous-représentés afin de renforcer la diversité et la pertinence de son réseau européen.
Cette démarche vise à élargir la participation d’acteurs issus de différentes régions d’Europe, de communautés directement concernées par la manipulation de l’information et de secteurs encore insuffisamment représentés dans l’écosystème actuel.

De la recherche aux politiques publiques européennes

Les travaux d’ANTIGONE contribueront également aux réflexions européennes sur la régulation des environnements numériques et la protection du débat démocratique.
Le projet analysera les évolutions juridiques et réglementaires concernant les plateformes numériques, la liberté d’expression et les initiatives européennes visant à préserver l’intégrité de l’environnement informationnel.
L’objectif est de traduire les résultats scientifiques en recommandations claires, concrètes et utilisables par les décideurs publics, les régulateurs et les autres parties prenantes concernées.

« ANTIGONE propose de repenser la tension démocratique fondamentale entre la liberté d’expression et la lutte contre la désinformation : plutôt que d’y voir une opposition entre le vrai et le faux, ou entre la régulation et les droits, le projet interroge la manière dont les institutions et les technologies font place au désaccord lui-même. »
                                                                            Pr Trisha Meyer, VUB, responsable scientifique du projet

À propos d’ANTIGONE — De l’Antagonisme à l’agonisme dans les écosystèmes numériques

ANTIGONE est un projet européen de recherche qui étudie la manière dont les sociétés démocratiques peuvent faire face aux conflits entre différentes formes de légitimité, de reconnaissance et d’expression démocratique. Inspiré de la tragédie Antigone de Sophocle, le projet examine comment les plateformes en ligne peuvent être conçues pour accueillir les désaccords de manière constructive, en distinguant la désinformation préjudiciable du désaccord légitime, ainsi que l’exclusion d’une véritable contestation démocratique.

Il vise à élaborer un cadre conceptuel et des outils pratiques pour favoriser une contestation démocratique constructive, en particulier dans des contextes caractérisés par la défiance du public, le manque de clarté des règles des plateformes et des divergences d’interprétation. Ces travaux aboutiront à différents résultats : méthodologies de recherche, outils associant expertise humaine et intelligence artificielle, jeux de données, recommandations juridiques et de politique publique, cadres destinés aux médias et aux plateformes, ainsi que de nouvelles approches pour favoriser un débat citoyen ouvert et pluraliste.
Le projet réunit des organisations de toute l’Europe et combine des expertises en sciences sociales, en droit, en études des médias, en intelligence artificielle et en sciences informatiques, ainsi qu’en défense des droits et en engagement citoyen. Cette approche multidisciplinaire permet à ANTIGONE d’analyser la manipulation de l’information sous différents angles, depuis la manière dont les récits émergent et circulent en ligne jusqu’aux conditions technologiques, juridiques et sociétales qui façonnent le débat public numérique.

Tout au long de ses trois années, le projet travaillera en étroite collaboration avec des décideurs publics, des journalistes, des professionnels de la vérification des faits, des membres des forces de l’ordre, des chercheurs, des organisations de la société civile — notamment des défenseurs des droits civiques et des professionnels de l’éducation aux médias —, des créateurs de contenu, des influenceurs et d’autres parties prenantes concernées. Cette collaboration permettra de veiller à ce que les recherches répondent aux besoins du terrain et que leurs résultats puissent se traduire en actions concrètes.

ANTIGONE est coordonné par la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Ses partenaires sont EU DisinfoLab (EUDL), Queen Mary University of London (QMUL), l’université de Sheffield (USFD), le Centre de recherche et de technologie Hellas (CERTH), le Réseau européen des normes de vérification des faits (EFCSN), l’Agence France-Presse (AFP), l’université d’Amsterdam (UvA) et l’Institute for Strategic Dialogue (ISD Germany) et MediaConnect

Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon Europe, au titre de la convention de subvention du projet 101287848 — ANTIGONE. Les points de vue et opinions exprimés n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour la recherche (REA). Ni l’Union européenne ni l’autorité chargée de l’octroi de la subvention ne sauraient en être tenues pour responsables.

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