À chaque rendez-vous, Guillaume Henry, écuyer, instructeur, historien et auteur, revient sur l’homme, l’époque et la pensée dont est issue la maxime, avant de confronter cet héritage au regard et à l’expérience d’un professionnel d’aujourd’hui.
11 octobre – Xénophon : « Ne jamais user de colère avec les chevaux »
Près de 2 400 ans nous séparent de Xénophon. Pourtant, les principes développés par le philosophe, historien et homme de guerre grec dans son traité De l’équitation résonnent encore avec les préoccupations actuelles : observer, comprendre, éduquer progressivement et ne pas laisser la colère guider l’action du cavalier. Pour Xénophon, ce que le cheval accomplit par la contrainte ne peut être ni véritablement appris, ni beau. Il recommande au contraire mesure, maîtrise de soi et douceur dans la relation avec l’animal.Dans cet épisode disponible le 11 octobre, Raphaël Saleh confronte cette pensée à son expérience de juge de dressage. Comment reconnaître la colère ou la tension chez le cavalier ? Quelles conséquences ont-elles sur le cheval ? Où se situe la frontière entre fermeté et colère ? Comment faire face à la peur ou à l’incompréhension sans entrer dans la contrainte ? Et quelle place le sport moderne accorde-t-il aujourd’hui à la décontraction, à l’harmonie et à la coopération avec le cheval ?
11 novembre – Antoine de Pluvinel : « Il faut lui travailler la cervelle plus que les reins et les jambes »
Le 11 novembre, À cheval sur les mots remonte au début du XVIIe siècle avec Antoine de Pluvinel, l’une des grandes figures de l’équitation française. Son principe : avant de chercher à obtenir un geste ou un mouvement, il faut s’intéresser à ce que le cheval comprend. « Il faut lui travailler la cervelle plus que les reins et les jambes » : derrière la formule se dessine une équitation fondée sur l’attention, la compréhension et l’adhésion du cheval.Pour prolonger cette réflexion, Bertrand Poisson, instructeur, cavalier international de concours complet et de saut d’obstacles, éleveur et formateur, partage son expérience de la formation des chevaux et des cavaliers. Comment savoir si un cheval a réellement compris ce qu’on lui demande ? Comment distinguer incompréhension, difficulté physique ou absence de réponse ? Comment préserver sa disponibilité et sa générosité au fil de son apprentissage ? Et quelle autonomie lui laisser une fois les bases acquises ?
11 décembre – Nuno Oliveira : « L’art équestre commence par la perfection des choses simples »
Le 11 décembre, la série poursuit son voyage à travers l’histoire avec Nuno Oliveira, l’une des grandes figures de l’art équestre du XXe siècle. Pour le maître portugais, l’excellence ne commence pas avec les mouvements les plus spectaculaires, mais avec la maîtrise des fondamentaux : avancer calmement, conserver la rectitude, la cadence, l’équilibre, la décontraction et l’impulsion, obtenir des transitions nettes et une réponse légère aux aides. Les mouvements les plus complexes deviennent alors la conséquence de bases simples, patientes et continuellement affinées.Odile Van Doorn, cavalière internationale de dressage, enseignante et coach, plusieurs fois championne de France et ancienne vice-présidente de la Fédération Française d’Équitation en charge du dressage, apporte son regard sur cet héritage. Comment définir la « perfection » lorsqu’on travaille avec un cheval ? Comment savoir quand se satisfaire de ce qu’il vient de donner ? Comment concilier recherche de simplicité et exigences de la compétition ? Et comment les fondamentaux permettent-ils de construire progressivement les mouvements les plus complexes sans brûler les étapes ?
Un nouveau rendez-vous chaque 11 du mois
Maîtrise de soi, compréhension du cheval, simplicité, justesse des aides, patience, progression : derrière des maximes formulées à des époques très différentes se dessine une même interrogation, toujours contemporaine : comment mieux faire avec le cheval ?C’est tout le principe d’À cheval sur les mots : faire du patrimoine équestre une matière vivante, en mettant en perspective les enseignements des grands maîtres avec l’expérience du terrain et les pratiques d’aujourd’hui. Une manière de mieux comprendre d’où vient l’équitation contemporaine, mais aussi de questionner la façon dont chacun construit sa relation avec le cheval.
A travers cette série, la FFE réaffirme sa vocation de passeur de culture, en faisant du patrimoine équestre un outil pédagogique vivant et accessible à tous.
Rythmée par un nouvel épisode disponible chaque 11 du mois, la série poursuit ainsi son exploration des grands principes qui ont façonné l’équitation et continuent de nourrir les réflexions des cavaliers et des professionnels.
Les épisodes d’À cheval sur les mots sont à retrouver sur l’espace Génération Cheval de Podcastics ainsi que sur les principales plateformes d'écoute : Apple Podcasts / Spotify / Amazon Music / Deezer.