A Glasgow : COP ou FLOP pour le climat ?

Réseau Action Climat
Diplomatie / International - Europe
Planète - Environnement / Développement durable

La COP26 se tiendra du 1er au 12 novembre prochain à Glasgow, en Écosse. Alors que les enjeux sont immenses, les impacts du changement climatique s’intensifient partout dans le monde. Cependant, de nombreux obstacles subsistent et mettent en péril la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.

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L’urgence de maintenir l’objectif de + 1,5° en vie pour tous les pays

Le Réseau Action Climat rappelle les actions indispensables :

  • Augmenter l’ambition climatique des pays les plus émetteurs. Les objectifs de réduction d’émissions des États nous mettent actuellement sur une trajectoire de réchauffement climatique de +2,7°C. 78 pays doivent toujours soumettre des plans de réduction d’émissions, parmi lesquels la Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite et la Turquie.

  • Rembourser la dette climatique aux pays du Sud. Les pays les plus riches sont majoritairement responsables des émissions de gaz à effet de serre. Les pays du Sud sont les 1ères victimes des impacts du changement climatique, il est donc capital de leur permettre d’entamer leur transition. Le financement de l’adaptation et des pertes et dommages face aux changement climatique doit être assuré et reconnu nécessaire pendant cette COP26.

  • Cesser de subventionner les énergies fossiles – pétrole, gaz, charbon. Les Etats doivent s’engager sans ambiguïté à éliminer l’ensemble des subventions destinées aux énergies fossiles.

  • Finaliser le manuel d’application de l’Accord de Paris pour permettre sa mise en place. Les États doivent adopter un calendrier commun de 5 ans, des règles de reportage uniformisées et transparentes et les modalités du mécanisme d’évaluation.

  • Obtenir un article 6 respectueux des droits humains. Cet article concerne le fonctionnement des marchés carbone qui permettent d’échanger des unités d’émissions de gaz à effet de serre pour atteindre des objectifs climatiques. Sans inclusion rigoureuse des droits humains et des peuples autochtones, ces marchés auront un impact néfaste sur les humains et la biodiversité.
     

La France doit combler l’écart entre les discours et les actes

A l’international, la France doit prendre ses responsabilités en augmentant ses financements climat pour les pays du Sud. Les 6 milliards d’euros par an promis en 2020 ne suffisent pas pour répondre à l’ampleur des besoins. La France doit aller plus loin en s’engageant à fournir 8 milliards d’euros par an d’ici 2025. Dans ses financements climat, elle doit augmenter la part dédiée aux projets d’adaptation et augmenter la part de dons. De plus, essentielle à l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, la biodiversité doit aussi être financée. Enfin, la France doit garantir la fin de tout soutien financier au développement des énergies fossiles. 

En Europe, alors qu’elle prend la Présidence du Conseil de l’Union européenne, la France a la responsabilité d’entraîner les négociations des 14 propositions de lois du Green Deal européen vers plus d’ambition. Beaucoup de chantiers sont essentiels pour soutenir les Européens dans la transition écologique comme les mesures d’efficacité énergétique ou le développement des énergies renouvelables, d’autres devront être abandonnés comme la création d’un marché carbone pour les carburants et le chauffage qui risque de surenchérir le coût pour les plus précaires. Enfin, la France ne peut pas continuer de freiner l’ambition européenne sur le climat, notamment la proposition de date de fin de vente des véhicules essence et diesel fixée en 2035 par la Commission.

Sur le territoire français, il va falloir faire plus, et plus vite. La France doit prendre les mesures nécessaires pour augmenter son objectif climatique à au moins 55% de baisse des émissions en 2030.  Les principaux secteurs émetteurs, les transports, l’agriculture, l’industrie et les bâtiments, devraient devenir les fers de lance de la politique climatique française. Pour cela, il faut des mesures structurantes, comme investir 3 milliards d’euros supplémentaires par an pendant la prochaine décennie dans le ferroviaire ou augmenter les aides aux élevages durables et à l’agriculture biologique, tout en sortant de la dépendance aux engrais de synthèse.

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