Créée en 2023 par la commission Recherche du Groupe INSA, cette initiative permet aux chercheuses et chercheurs des sept INSA de collaborer autour de projets de recherche communs. Chacun de ces derniers est porté a minima par deux scientifiques issus de deux INSA différents. Ensemble, ils proposent un sujet qui fera l’objet d’un ou de deux stages recherche (master 2 ou projet de fin d’études ingénieur).
Depuis son lancement ce dispositif a déjà permis de soutenir 42 projets et de financer 53 stages de recherche, mobilisant l’ensemble des sept écoles sur les cinq grands enjeux sociétaux sur lesquels s’est positionné le Groupe INSA (Énergie, environnement, société numérique, santé globale, transport et infrastructures).
Dynamiques nationales et internationales
L’analyse d’impact des deux premières saisons (2023-2024 et 2024-2025) met en évidence des liens renforcés entre les équipes de recherche. Plus de la moitié des projets ont donné lieu à des collaborations durables, parfois prolongées au-delà du cadre initial, via la réponse à des appels à projet nationaux par exemple. Des dynamiques internationales émergent également. C’est le cas des travaux qui ont associé des chercheurs de l’INSA Lyon et de l’INSA Centre Val de Loire. “Avant les OpenLabs INSA, je connaissais très peu mes collègues du Groupe INSA”, concède Nicolas Mary, enseignant-chercheur à l’INSA Lyon (laboratoire Mateis - UMR 5510). En 2023, ce dernier et Sébastien Livi, enseignant-chercheur au laboratoire IMP - UMR 5223 (INSA Lyon) souhaitent proposer un projet qui vise à mieux comprendre la dégradation des matériaux polymères. Pour cela, il cherche une expertise en ultrason. Ils se tournent alors vers le laboratoire GREMAN - UMR 7347 (INSA Centre Val de Loire) et entame ainsi une collaboration avec Séverine Boucaud-Gauchet.
Depuis, Nicolas Mary a co-porté un autre OpenLabs INSA avec Guy Feuillard (INSA Centre Val de Loire). Leur stagiaire, Jules Toupin, est aujourd’hui doctorant au sein du GREMAN (UMR 7347), pour poursuivre les travaux débutés durant son stage. En 2023, Guy Feuillard est intervenu lors d’une école d’été co-organisée, entre autres par T. Uchimoto (laboratoire ELyTMaX et IFS) et Nicolas Mary. Cette rencontre a ensuite permis à Guy Feuillard de séjourner deux mois comme professeur invité en octobre et novembre 2025 devrait partir durant une année chez le partenaire nippon en délégation CNRS. “Les OpenLabs INSA sont arrivés au bon moment et nous ont permis de poser les premiers jalons d’une collaboration durable entre notre partenaire japonais et plusieurs écoles du Groupe INSA, analyse Nicolas Mary, lui-même en délégation CNRS à l'Université de Tohoku depuis septembre 2025 au sein du laboratoire international ELyTMax.
Le goût de la recherche
Au-delà du renforcement des collaborations scientifiques, les OpenLabs INSA ont également vocation à valoriser la formation par la recherche pour les stagiaires impliqués. Et le rapport d’impact le prouve : les stages, majoritairement réalisés par des élèves INSA, constituent une véritable porte d’entrée vers le doctorat : une dizaine de poursuites en thèse ont déjà été recensées.
C’est le cas de Lucas Maret, stagiaire sur la saison 2. Alors en master 2 à l’Université de Lille, l'étudiant effectue son stage au sein de l’INSA Hauts-de-France dans l’équipe de Damien Méresse. Ses campagnes d’essai dédiées à l’analyse de la pollution générée par la combustion de bois dans les chaudières à pellets ont donné lieu à une publication. Il est aujourd’hui doctorant au sein du LAMIH - UMR 8201, dans l’équipe de Céline Morin, enseignante-chercheuse à l’INSA Hauts-de-France. “Je n’envisageais pas de poursuivre en thèse, raconte le jeune chercheur. Mais le stage, très applicatif, et la proposition de thèse m’ont attiré. C’est un univers que j’apprécie et je suis convaincu qu’un doctorat sera un plus pour mon CV”.
Pour Noémie Taurines, jeune diplômée de l'INSA Toulouse, la poursuite en thèse n’a pas été la voie suivie. Aujourd’hui en master “Physique de l'énergie et de la transition énergétique" à l’Université de Toulouse, la jeune femme retient tout de même des OpenLabs INSA le goût pour les “manip” et l’expérimentation appliquée. “Après un stage en entreprise, me confronter à une expérience en laboratoire a nourri ma réflexion. En ça, les OpenLabs INSA ont été structurants pour moi”.
« Créer des passerelles durables entre laboratoires »
Sur le plan scientifique, près de la moitié des projets ont donné lieu à des communications dans des conférences ou à des publications. Les OpenLabs INSA facilitent également l’accès à des infrastructures de recherche et encouragent les mobilités entre laboratoires. Si les collaborations industrielles restent encore limitées à ce stade, plusieurs partenariats sont en cours de structuration.
L’enjeu est désormais de consolider ces liens et de poursuivre la dynamique engagée, notamment en accompagnant les projets vers des financements complémentaires et des développements à plus long terme. Pour Marie-Christine Baietto, vice-présidente déléguée à la Recherche du Groupe INSA et directrice de la recherche et de la valorisation à l’INSA Lyon, cette initiative illustre pleinement l’ambition collective du Groupe INSA. "Les OpenLabs INSA permettent de créer des passerelles concrètes et durables entre nos laboratoires et de faire émerger de nouvelles coopérations scientifiques. Ils contribuent à structurer une recherche collaborative, au service des grands enjeux de société."