Parmi les lauréats de cette année figurent deux chercheurs de Gustave Roussy, qui vont ainsi voir leur projet soutenu financièrement par la Fondation BMS :
- Pr Nathalie Chaput-Gras - Ciblage des lymphocytes T sénescents (Tsen) pour améliorer l’efficacité de l’immunothérapie en oncologie ; Axe recherche clinique et translationnelle
Les lymphocytes T sont des cellules clés du système immunitaire : ils participent à la défense de l’organisme contre le cancer en reconnaissant et en détruisant les cellules tumorales. Cependant, il a récemment été mis en évidence que ces cellules pouvaient elles-mêmes être affectées par un processus appelé sénescence. Ce phénomène conduit à l’accumulation dans l’organisme de lymphocytes T sénescents (Tsen), qui perdent leur capacité antitumorale.
Les travaux menés par l’équipe de la Pr Chaput-Gras ont montré qu’un taux élevé de Tsen chez certains patients est corrélé à une moins bonne réponse à l’immunothérapie. Ce projet de recherche vise à approfondir cette observation, en testant l’hypothèse selon laquelle les Tsen constituent un obstacle majeur à l’efficacité de l’immunothérapie. L’ambition est également de démontrer qu’en ciblant ces cellules dysfonctionnelles, il est possible de restaurer ou de renforcer la réponse immunitaire antitumorale, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
- Dr David Castel - Syngenic-DMG : une plateforme d’étude pour analyser les interactions longitudinales entre la tumeur et le microenvironnement immunitaire dans les gliomes diffus de la ligne médiane pédiatriques ; Axe recherche en oncologie pédiatrique
Ces tumeurs ont un pronostic très sombre et la survie des patients n’a pas progressé depuis plus de 30 ans. Récemment, des avancées ont été réalisées en immunothérapie, mais l’absence de modèles in-vivo de la maladie empêche encore de tester ces approches en laboratoire, une étape indispensable avant de débuter des essais cliniques chez les patients.
Le projet SYNGENIC-DMG vise à développer des modèles in-vivo de la maladie, en reproduisant fidèlement ses caractéristiques biologiques. Ces modèles permettront de suivre l’évolution de l’environnement immunitaire autour de la tumeur et de comprendre comment celle-ci le modifie.
Parallèlement, le projet prévoit de développer un modèle « humanisé », au plus proche de la réalité de ces tumeurs, pour tester des immunothérapies et leur combinaison avec la radiothérapie. L’objectif est d’identifier des stratégies capables de déclencher ou de renforcer la réponse du corps contre la tumeur.