- Les bourses de mobilité devraient tenir compte des différences entre les villes d’accueil en matière de coût de la vie, de logement et d’inflation. Un enjeu, notamment à Paris, qui accueille un étudiant international sur cinq en France.
- Il convient d’encourager la participation des étudiants et des enseignants de l’enseignement supérieur, des apprenants et des formateurs de l’enseignement et de la formation professionnels, ainsi que des sportifs amateurs.
Les députés ont adopté leur mandat de négociation sur le programme Erasmus+ pour la période 2028-2034, en vue des discussions avec les États membres, par 454 voix pour, 34 voix contre et 93 abstentions.
Les régions françaises, bonnes élèves d’Erasmus+
La France est le premier pays d’envoi d’élèves et d’étudiants via Erasmus+, et le deuxième dans la formation professionnelle : près de 164 000 mobilités sont parties de l’Hexagone en 2024, selon l’Agence Erasmus+ France. Ses régions se sont largement emparées du programme, notamment dans la formation professionnelle. D’après l’Atlas territorial de la mobilité européenne et internationale, publié en 2020, l’Ile-de-France assure 20 % des départs dans ce secteur, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (13 %) et la Nouvelle-Aquitaine (12 %). Les plus fortes progressions sont enregistrées en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+92 %) et en Occitanie (+70 %). La France est aussi une terre d’accueil. La demande des députés d’adapter les bourses au coût du logement devrait ainsi particulièrement concerner Paris : la capitale concentre à elle seule un étudiant international sur cinq présent en France, dans une ville où les loyers sont parmi les plus élevés du pays.
Afin d’élargir la portée du programme, les députés demandent :
- un budget de 47,39 milliards d’euros (aux prix courants), contre 40,8 milliards d’euros proposés par la Commission ;
- des enveloppes budgétaires clairement définies pour les différents domaines d’action : l’éducation et l’apprentissage (74,6 % du budget total du programme), la jeunesse et le volontariat (15 %) et le sport (4,1 %) ;
- une meilleure articulation d’Erasmus+ avec d’autres fonds européens, comme le Fonds européen pour la compétitivité, Horizon Europe, le programme "Global Europe" et les fonds relevant des partenariats nationaux et régionaux ;
- le soutien aux bourses dans des domaines stratégiques grâce à des synergies et à des financements provenant d’autres programmes européens ;
- une actualisation périodique des montants des financements afin de mieux tenir compte des coûts réels.
Ils souhaitent également :
- des bourses adaptées aux différences de coût de la vie, de logement et d’inflation entre les pays, les régions et les villes d’accueil, prenant en compte les frais supplémentaires pour les personnes qui voyagent depuis ou vers des destinations éloignées ;
- l'intégration, au sein du programme Erasmus+, des activités de volontariat et de solidarité du Corps européen de solidarité, ainsi que du Corps européen de volontariat humanitaire (pour l'aide dans les pays tiers), afin de renforcer la participation communautaire et civique ;
- l’élargissement du programme à de nouveaux profils et catégories au sein des publics existants, notamment aux sportifs amateurs, aux apprenants, aux enseignants et formateurs en formation professionnelle, ainsi qu’aux bénéficiaires de la future stratégie européenne en faveur des enseignants et des formateurs.
- un accès plus rapide pour les pays candidats, sans qu'ils aient à passer par la procédure d'association, et des liens plus étroits avec le Royaume-Uni et la Suisse.
Citation
Le rapporteur Bogdan Zdrojewski (PPE, Pologne) a déclaré : "La position du Parlement vise à renforcer Erasmus+ dans plusieurs domaines et à permettre au programme de répondre aux défis européens stratégiques. Avec nos propositions, nous augmentons presque de moitié son financement, et nous saluons le retour du Royaume-Uni. Erasmus+ est l’une des grandes réussites de l’Union européenne et a produit des résultats exceptionnels. Le programme mérite que nous soyons à la hauteur de son ambition et que nous lui accordions les investissements nécessaires pour poursuivre sur cette lancée."
Prochaines étapes
Les députés sont désormais prêts à entamer les négociations avec les gouvernements européens, une fois qu’ils auront adopté leur mandat complet, qui comprendra les montants totaux de financement du budget à long terme de l’Union européenne.
Contexte
La Commission européenne a présenté sa proposition de nouveau règlement Erasmus+ le 16 juillet 2025. Ce texte législatif s’inscrit dans le cadre du train de mesures relatives au budget à long terme de l’UE pour la période 2028-2034 (cadre financier pluriannuel, CFP).
Le Parlement souhaite que le budget reste un instrument important d’investissement -au service des citoyens, des régions et des entreprises, tout en apportant une réelle valeur ajoutée par rapport aux budgets nationaux. Les députés proposent d’augmenter le montant du budget proposé afin de répondre aux nouveaux défis et soulignent l’importance de nouvelles ressources propres pour financer un budget ambitieux et durable. Pour en savoir plus, cliquez ici.