La salle de presse [FACT-CHECK] Non, ces photos diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas l'auteur de l'attentat raciste de Trappes

[FACT-CHECK] Non, ces photos diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas l'auteur de l'attentat raciste de Trappes

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[FACT-CHECK] Non, ces photos diffusées sur les réseaux sociaux ne montrent pas l'auteur de l'attentat raciste de Trappes
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Un homme a ouvert le feu le 23 octobre 2026 dans le département des Yvelines, tuant une personne et en blessant plusieurs autres. Rapidement, des internautes ont diffusé sur les réseaux sociaux des photos, des éléments de biographie et les profils en ligne de plusieurs personnes présentées comme le tireur. Parmi eux, un homonyme résidant dans la même ville et un habitant de Paris converti à l'Islam. Mais des vérifications effectuées par l'AFP montrent que ces hommes n'ont rien à voir avec le suspect interpellé le jour de l'attentat.

Le vendredi 23 octobre 2026, Kévin T. a  assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ".

 
 

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Des policiers interviennent sur l'un des lieux où un homme a ouvert le feu depuis sa voiture, tuant une personne et en blessant quatre autres selon des sources policières, à Trappes, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2026.

Dimitar DILKOFF / AFP

Dans les heures qui ont suivi le drame, des internautes ont diffusé sur les réseaux sociaux des photos et des captures d'écran de profils en ligne appartenant prétendument au tireur présumé.

Homonyme

 

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Captures d'écran réalisées le 27/10/2026 sur Instagram (à gauche), Facebook (au centre) et TikTok (à droite). Croix rouge et floutage ajoutés par l'AFP.

" Ici on a un Kévin [...] de  39 ans qui vit vers Plaisir et qui souffre de schizophrénie ", a publié un internaute dans un post sur X accompagné de plusieurs photos et publications d'un homme se disant résident des Yvelines. Le post a été "aimé" près d'un millier de fois et partagé des centaines de fois.

L'internaute a pris la peine de préciser : " Rien de confirmé, mais ça colle bien " en diffusant les photos et le nom de l'homme, et en n'apportant cette précision qu'en fin de publication - une précaution que l'on ne retrouve pas sur de nombreuses autres publications sur X , Facebook, Instagram ou TikTok montrant le visage et le nom de la personne en question. 

Afin de respecter la vie privée des personnes dont les photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, l'AFP a choisi de ne pas inclure dans cet article les liens vers les publications trompeuses. 

Rapidement après l'arrestation du tireur de Trappes, de premiers éléments sur son profil ont émergé dans les médias : son prénom et l'initiale de son nom de famille, son âge et son lieu de naissance. Il a 39 ans, résidait dans le département des Yvelines à Plaisir, en banlieue parisienne, présente une carrure forte et un crâne rasé . Il était sous traitement pour schizophrénie et vivait seul. Il a reconnu les faits, niant toutefois la motivation raciste de son acte. Sa garde à vue, suspendue en raison de son état psychiatrique, a  handicap psychique ". 

Cependant, une

Converti "

" Selon plusieurs éléments convergents, le tueur de Trappes, initialement identifié sous le prénom de Kévin, se serait en réalité converti à l'islam et aurait adopté un patronyme musulman ", affirme ainsi une publication Instagram publiée le 26 octobre 2026 et "aimée" plus de 4.500 fois.

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On retrouve des publications similaires sur X, Facebook et TikTok, incluant le plus souvent une image légendée du texte : " Internet n'oublie rien ! Voici Kévin converti musulman ".

C'est bien ma photo qui a été postée, je l'avais publiée dans un cadre pensé privé sur un groupe de rencontres dans le but de mariage ", a confirmé l'homme. 

" Je tente de réunir toutes les preuves, en priorité des auteurs de ces publications et de leurs relayeurs, mais c'est infini ", a-t-il ajouté, indiquant avoir l'intention de " déposer plainte ". 

Photo altérée par IA

Sur les réseaux sociaux, des internautes ont régulièrement comparé le physique des deux hommes accusés à tort avec celui de l'auteur présumé de l'attaque. Celui-ci serait supposément visible sur une photo prise au moment de son arrestation le 23 octobre 2026 à Coignières, commune située à quelques kilomètres des endroits ciblés. 

Sur des publications cumulant des centaines de "J'aime" et de partages sur  l'outil de vérification de Google , qui a détecté un filigrane SynthID, indiquant que l'image circulant sur les réseaux a été générée ou modifiée à l'aide d'outils de sa propre intelligence artificielle (IA) , Gemini, afin d'ôter le floutage et de reconstituer le visage de Kévin T. 

 
 

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Capture d'écran réalisée du résultat d'analyse de l'image via l'outil de vérification de Google, relevant la présence d'un filigrane SynthID, le 27/10/2026. Mention "Ai" ajoutée par l'AFP.

Hive Moderation indiquent également que celles-ci ont vraisemblablement été générées ou altérées par IA, avec un score de probabilité de 99 % .

 
 

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Capture d'écran réalisée sur des outils de détection d'images synthétiques, le 27 octobre 2026. Mentions "Ai" ajoutées par l'AFP.

En France, le attentat à Sydney en Australie en 2025, ou d'une  tentative d'assassinat du président américain Donald Trump en octobre 2024.

 

Auteur(s)

Pierre MOUTOT / AFP France

 
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