La salle de presse FOUCAULT, CENT ANS APRÈS : PENSER LE POUVOIR À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE

FOUCAULT, CENT ANS APRÈS : PENSER LE POUVOIR À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE

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Sciences Po

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Le 15 octobre 2026 marque le centenaire de la naissance de Michel Foucault. Considéré un temps comme le penseur le plus cité au monde, il demeure une figure majeure de la recherche en sciences sociales et en philosophie politique. Que nous apprend encore son œuvre sur le pouvoir ? Quels outils offre-t-elle pour penser les technologies contemporaines, de l’intelligence artificielle aux objets connectés et à la surveillance de masse ?

Charles Corval, docteur en science politique et chercheur associé au CEVIPOF de Sciences Po, revient dans un article publié sur Conférence sur quatre apports de la pensée foucaldienne pour analyser les objets techniques : leur inscription dans des dispositifs, leur articulation aux modes d’exercice du pouvoir, leur usage tactique et les nouvelles formes de gouvernement qui les accompagnent.

Son article s’inscrit dans un dossier consacré au centenaire de Foucault, qui réunit plusieurs analyses : comment son œuvre a-t-elle transformé la science politique ? Que révèle l’inédit La Croisade des enfants sur le pouvoir exercé sur la sexualité, au-delà de la seule répression ?

Son article, résumé ici en cinq points, est libre de droits et peut être repris, en tout ou en partie, sous réserve de mentionner le site Conférence où il a été initialement publié.

FOUCAULT, CENT ANS APRÈS : PENSER LE POUVOIR À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE
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UN OBJET TECHNIQUE N’EXISTE QUE DANS UN DISPOSITIF


Pour Foucault, un objet technique ne vient jamais seul : il s’inscrit dans un réseau de matérialités, de discours et de savoirs, comme le panoptique de Bentham.

Caméras, capteurs et objets connectés prolongent aujourd’hui cette expérience de se savoir surveillé.

TROIS MODES D’EXERCICE DU POUVOIR


Souveraineté, discipline et sécurité se cumulent plus qu’ils ne se succèdent.

Aujourd’hui, la logique de sécurité, fondée sur les statistiques et les seuils de tolérance, nourrit la plupart des politiques publiques et s’appuie sur des outils de collecte et de traitement des données.

UNE APPROCHE TACTIQUE DE LA TECHNOLOGIE


Loin du déterminisme technologique, Foucault invite à se demander ce que l’intégration d’un nouvel objet fait au dispositif, plutôt qu’à être « pour » ou « contre » l’intelligence artificielle.

Elle peut renforcer les asymétries de pouvoir, comme chez Amazon, ou servir de ressource de résistance.

LA RÉSISTANCE, PARTIE INTÉGRANTE DU POUVOIR


Pour Foucault, résister appartient à l’exercice même du pouvoir : saboter, feindre de se conformer, déjouer.

Face à des technologies opaques qui échappent à l’examen de leur responsabilité, il est urgent de réinvestir ces mécanismes.

LE POUVOIR À L’ÈRE DE LA SIMULATION


Depuis le 11 septembre, la rationalité de sécurité ne se contente plus du probable : elle cherche à gérer l’improbable par des scénarios et des simulations.

Ce raisonnement justifie des mesures d’exception durables, comme Vigipirate, et la surveillance de masse.

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