La salle de presse Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle spirale inflationniste ?

Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle spirale inflationniste ?

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Depuis le début de l'année 2026, l'inflation française est repassée de 0,3 % à 2,4 %, sous l'effet de la flambée des cours du pétrole consécutive aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Faut-il y voir les prémices d'une nouvelle spirale inflationniste, comparable à celle de 2022 ?

Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint au Département Analyse et Prévision de l'Institut français d'économie (IFE) de Sciences Po, apporte une réponse nuancée : le choc reste concentré sur l'énergie, sans se diffuser au reste de l'économie, mais son coût, lui, est bien réel pour les ménages et les entreprises.

Son article, résumé ici en cinq points, est libre de droits et peut être repris, en tout ou en partie, sous réserve de mentionner le site Conférence où il a été initialement publié.

Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle spirale inflationniste ?
Crédit : Pierre Desrosiers/Shutterstock
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UN CHOC PÉTROLIER, PAS ENCORE UNE SPIRALE


Depuis les frappes contre l'Iran fin février 2026, le baril a oscillé entre 70 et 120 dollars, portant l'inflation française de 0,3 % à 2,4 % en un an.

Mais hors énergie et produits frais, l'inflation sous-jacente reste modérée, à 1 %.

UN CHOC IMPORTÉ QUI PÈSE SUR LE POUVOIR D'ACHAT


La facture énergétique s'alourdit mécaniquement pour la France, qui ne produit pas d'hydrocarbures.

Le pouvoir d'achat des ménages recule de 1,3 % sur un an, soit une perte moyenne de plus de 600 euros par ménage.

DES SALAIRES À LA TRAÎNE


Le salaire moyen n'a progressé que de 1,8 %, moins vite que les prix.

Le salaire réel des Français n'a pas augmenté depuis près de sept ans, une situation inédite depuis l'après-guerre.

BEAUCOUP MOINS D'AIDES PUBLIQUES QU'EN 2022


Face aux 72 milliards d'euros de boucliers tarifaires déployés en 2022-2023, l'État ne mobilise cette fois que 1,4 milliard d'euros, faute de marges budgétaires.

Ce sont donc surtout les ménages et les entreprises qui absorbent le choc.

PAS D'EFFET DE SECOND TOUR, POUR L'INSTANT


Les entreprises rognent leurs marges plutôt que de répercuter la hausse des coûts dans leurs prix.

L'inflation pourrait néanmoins atteindre 3 % fin 2026, avant de refluer vers 1,8 % en 2027.

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