Face à cette réalité, le Collectif Face au(x) Cancer(s) - composé d’Unicancer, de Patients en réseau et de MSD France - dévoile aujourd’hui les résultats d’une enquête menée avec l’institut de sondage Toluna-Harris Interactive auprès d’un échantillon de 5 161 Français. L’étude souligne les attentes fortes des Français s’agissant de la lutte contre le cancer. Alors que le cancer reste la maladie la plus redoutée - devant la maladie d’Alzheimer, les maladies cardiovasculaires ou Parkinson - une large majorité de Français perçoit positivement la prise en charge de cette maladie, et reconnait les progrès scientifiques récents en termes de dépistage, de diagnostic ou d’innovation thérapeutique.
Un constat qui conforte la priorité accordée par les pouvoirs publics à la lutte contre les cancers dans le cadre de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers. Dans un moment charnière de bilan de la première feuille de route 2021-2025 et d’élaboration des objectifs à atteindre d’ici 2030, le Collectif formule ses priorités 2025, afin d’améliorer les parcours de dépistage, de diagnostic et d’accès à l’innovation pour offrir à chaque patient les meilleures chances de guérison.
LES FRANÇAIS FACE AU CANCER : ENTRE INQUIÉTUDES ET ESPOIRS
L’enquête inédite menée par Toluna-Harris Interactive révèle comment les Français perçoivent aujourd’hui la prise en charge du cancer en France et l’avenir de la lutte contre cette maladie. Entre craintes et confiance dans les progrès médicaux, les résultats révèlent une société en attente de réponses fortes vis-à-vis de cette maladie.Le cancer, la maladie la plus redoutée chez les Français.
Le verdict est sans appel : le cancer est aujourd’hui la maladie la plus redoutée. Près d’une personne sur deux (48 %) place cette pathologie en tête, loin devant la maladie d’Alzheimer (21 %). Tout particulièrement, les Français craignent d’être personnellement touchés par la maladie (74 %) et redoutent que celle-ci puisse toucher un proche (77 %). Parmi les cancers les plus redoutés, les cancers du cerveau (34 %), du pancréas (32 %) et du poumon (31 %) sont les premiers cités, suivis du sein et du sang (20 %).
Des traitements qui redonnent espoir...
Dans la lutte contre cette maladie, les Français croient massivement aux progrès de la médecine : 92 % reconnaissent que le diagnostic précoce améliore le pronostic et 87 % saluent les avancées thérapeutiques de ces dix dernières années qui, selon eux, améliorent la prise en charge. En outre, 72 % des Français sont convaincus qu’on guérit aujourd’hui plus de cancers qu’il y a vingt ans. Cette confiance se traduit concrètement dans la vie quotidienne : 82 % des répondants estiment que les patients peuvent désormais poursuivre une vie sociale normale, 88 % qu’ils peuvent avoir des loisirs et 77 % pratiquer une activité sportive. Un optimisme qui transforme progressivement l’image du cancer. Cependant, l’enquête révèle un besoin de renforcer les connaissances des Français sur les stratégies de prise en charge innovantes. 58 % se disent ainsi mal informés sur les essais cliniques de manière générale et 52 % sur les nouveaux traitements.
LES FRANÇAIS FACE AU CANCER : ENTRE INQUIÉTUDES ET ESPOIRS (SUITE)
Le dépistage : un manque d’information qui freine la participation.Paradoxe frappant : alors que la majorité des Français jugent que les examens de dépistage sont utiles pour détecter précocement les cancers (89 %), seuls 56 % déclarent avoir déjà franchi le pas. Les femmes sont plus assidues (80 % des femmes de plus de 50 ans contre 64 % des hommes du même âge), mais le défi reste immense. Quand les Français se font dépister, c’est principalement parce qu’ils ont reçu un courrier d’invitation (60 %) ou qu’un professionnel de santé les a invités à le faire (50 %). Pour ceux qui ne le font pas, c’est en partie parce qu’ils ne savent pas s’ils sont concernés (49 %) ou que les médecins consultés ne leur en ont jamais parlé (46 %).
L’innovation, moteur d’espoir pour demain.
L’avenir suscite un optimisme remarquable. 59 % des Français estiment que la recherche progresse rapidement, un chiffre qui grimpe à 70 % chez les personnes ayant été soignées pour un cancer. Ces progrès sont reconnus par 85 % et plus des sondés qui considèrent que les nouveaux traitements ont donné des résultats importants, que ce soit pour prolonger la vie des patients, améliorer leur confort de vie ou encore augmenter le nombre de guérisons.
Pour l’avenir, les attentes sont claires : ces progrès sont à intensifier. Les traitements et le diagnostic précoce apparaissent comme les 2 priorités dans lesquelles la recherche contre le cancer devrait progresser. Ainsi, les Français considèrent qu’il est essentiel de renforcer l’offre médicale dans les territoires (74%), de développer les échanges entre professionnels (72 %) et la collaboration entre recherche publique et industrie pharmaceutique (71 %).
2 PRIORITÉS MAJEURES POUR LE COLLECTIF : LE DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET L’ACCÈS À L’INNOVATION
À la lumière des enseignements de l’enquête et face à l’augmentation des cas de cancer et des inégalités d’accès aux soins, le Collectif Face au(x) Cancer(s) appelle à une mobilisation nationale pour agir plus tôt et plus efficacement. Pour relever ce défi de santé publique, il se concentre sur 2 priorités majeures – améliorer le dépistage et le diagnostic précoce et renforcer l’accès à l’innovation – en proposant des solutions concrètes co-construites par un comité d’experts composé de patients, de soignants, de chercheurs et d’associations engagées dans la lutte contre le cancer.Améliorer le dépistage et le diagnostic précoce.
Le Collectif recommande d’automatiser les rendez-vous de prévention personnalisés grâce à l’implication et la coordination renforcée de tous les professionnels de santé (y compris dans le cadre professionnel et universitaire). La simplification et l’individualisation de la prise en charge, sur tout le continuum de la prévention jusqu’au suivi personnalisé est indispensable, afin d’inscrire la démarche de prévention le plus facilement possible dans le quotidien des français.
« Les centres experts doivent jouer un rôle moteur en structurant des liens avec les praticiens de ville. L’objectif : créer des filières identifiées et rapides avec des points de contact directs pour fluidifier le parcours dès la suspicion de cancer », abonde le Pr. Frédérique Penault-Llorca, Directrice Générale du Centre Jean Perrin et Présidente-Déléguée d’Unicancer.
Enfin, le Collectif insiste sur la nécessité de personnaliser les stratégies de dépistage, en utilisant les outils prédictifs et les tests génétiques pour mieux cibler les personnes à risque.
« Pour que les français puissent être acteurs de la prévention des cancers, il faut qu’ils puissent connaitre leur profil de risque. Cette approche personnalisée permet à chacun d’agir pour limiter le risque de cancer et adapter, si nécessaire, la surveillance pour favoriser un diagnostic précoce de la maladie. », précise le Pr. Pascal Pujol, Chef du service d’oncogénétique du CHU de Montpellier.
Garantir un accès rapide et équitable à l’innovation.
Alors que la France dispose d’atouts reconnus dans la recherche clinique, le Collectif propose de mieux informer le grand public sur les essais cliniques et d’en faciliter l’accès via des plateformes dédiées.
« Encore aujourd’hui, de nombreux Français perçoivent les essais cliniques comme synonymes de “mauvaise nouvelle”. Il est urgent de déconstruire ces idées reçues et de montrer qu’ils sont avant tout un moteur du progrès médical », rappelle le Pr. Muriel Dahan, Directrice de la Recherche et du Développement d’Unicancer.
Le Collectif souhaite également renforcer l’implication des patients et des associations dans l’évaluation des nouveaux traitements et améliorer la coordination entre les acteurs publics et privés.
« Les associations ont un réel besoin d’être accompagnées et de bénéficier de retours réguliers des autorités pour pouvoir contribuer efficacement dans le cadre de l’évaluation des produits et technologies de santé », ajoute Laure GuéroultAccolas, Fondatrice et Directrice Générale de l’association « Patients en réseau ». Des dispositifs efficaces, comme l’accès précoce à certains médicaments innovants, existent déjà : il s’agit maintenant de les rendre plus visibles, plus accessibles et mieux intégrés aux parcours de soins. « Il est essentiel de préserver ce cadre qui garantit aujourd’hui un accès précoce à l’innovation pour les patients atteints de cancer », souligne Aurélie Andrieux-Bonneau, Directrice Politiques de santé, Affaires publiques et Communication de MSD France.
Zoom sur le Collectif Face au(x) Cancer(s)
Le Collectif Face au(x) Cancer(s) réunit 3 acteurs majeurs de la lutte contre le cancer : Unicancer, Patients en réseau et MSD France. Créé en 2024, il a pour objectif de répondre aux objectifs de la Stratégie décennale contre le cancer 2021-2030 et de participer à cette politique de santé publique en s’engageant dans une démarche de sensibilisation et de proposition pour aller plus loin dans la lutte contre le cancer. Pour cela, il s’appuie sur un comité d’experts pluridisciplinaires qui réunit des professionnels de santé, représentants d’associations de patients, décideurs et chercheurs en sciences sociales et économiques, pour formuler des solutions concrètes et opérationnelles.« Ensemble, nous avons pu dresser un état des lieux des politiques de lutte et de prise en charge des cancers en France. Grâce à la mise en œuvre successive - et depuis plus de 20 ans - de Plans Cancers, la France est aujourd’hui pionnière des politiques publiques en cancérologie. L’ambition de demain est double : elle repose tant sur l’amélioration de la coordination de l’ensemble de l’écosystème mobilisé autour du patient, afin de répondre aux enjeux de fluidification et de pertinence des parcours de soins, mais aussi sur le renforcement de nos efforts en faveur de nouvelles découvertes fondamentales pour accélérer la lutte contre le cancer. Les défis sont nombreux : augmentation de l’incidence de la maladie, y compris chez les sujets jeunes, tensions sur les ressources humaines et financières… Il est à ce titre indispensable de poursuivre collectivement les efforts engagés pour accélérer le déploiement d’initiatives de prévention personnalisée innovantes, accélérer les mesures en faveur de la préservation de la qualité de vie des patients pendant et après la maladie, accélérer la recherche, en particulier concernant les cancers de mauvais pronostic, et diffuser l’innovation, pour que les progrès puissent bénéficier au plus grand nombre. Notre ambition est claire : parvenir à une réduction significative du nombre de cas de cancers évitables par an d’ici à 2040. Nous en sommes convaincus, c’est en unissant nos forces et nos expertises que nous parviendrons (enfin) à prendre le cancer de vitesse. », conclut Sophie Beaupère, Déléguée Générale d’Unicancer.
Pour en savoir plus sur le Collectif Face au(x) Cancer(s), rendez-vous sur : www.face-aux-cancers.fr
Découvrez nos priorités d’actions pour prendre le cancer de vitesse en téléchargeant le Guide d'application.
Zoom sur l’enquête « Les Français et le cancer »
L’étude « Les Français et le cancer » a été menée en février 2025 par l’institut de sondage Toluna-Harris Interactive pour le Collectif Face au(x) Cancer(s) auprès d’un échantillon de 5 161 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Elle vise à mesurer la perception des Français à l’égard du cancer, de la prévention, de la recherche et de l’innovation en cancérologie.
- Retrouver en téléchargement l'infographie nationale.
- Télécharger le kit presse pour accéder aux communiqués et infographies disponibles pour chaque grande région (Ile-de-France, Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Est, Sud-Ouest).
1 : https://www.fondation-arc.org/cancer/le-cancer-en-chiffres-france-et monde#:~:text=Le%20cancer%20est%20la%20premi%C3%A8re,avec%20un%20diagnostic%20de%20cancer.
2 : Les données sur les cancers : l’essentiel (consulté le 11/06/2025)
3 : Enquête « Les Français et le cancer » menée par l’institut de sondage Toluna-Harris Interactive pour le Collectif Face aux cancers. Enquête réalisée en ligne du 7 au 18 février 2025 auprès d’un échantillon de 5 161 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Echantillons représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus dans chaque grande région remises à leur poids au sein de l’échantillon national. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé(e) au sein de chaque grande région, ainsi que région et taille d’agglomération de l’interviewé(e) sur l’échantillon national.