1. LE PROCÈS DE L'INACTION
Le meurtre de la petite Lyhanna a ravivé une exigence historique des collectifs féministes : l'adoption d'une « loi intégrale » contre les violences sexistes, sexuelles et pédocriminelles.
Que recouvre exactement ce dispositif et quelles impasses vise-t-il enfin à dépasser ?
2. LE MYTHE DU MONSTRE
La figure du monstre revient sans cesse pour désigner les auteurs de violences sexistes et sexuelles : un inconnu isolé, dangereux, agissant aux marges de notre société.
Cette représentation est rassurante. Elle est aussi fausse.
Dans l'immense majorité des cas, les victimes connaissent leur agresseur.
3. BÂTIR, PAS COLMATER
Face au continuum des violences, notre arsenal pénal n'intervient qu'une fois le drame accompli.
La loi intégrale renverse cette logique réactive.
Ses piliers : un texte unique, des obligations d’État et un budget transversal.
De la salle de classe au tribunal, de la protection de l'enfance à la santé publique, la réponse doit être aussi systémique que l’oppression qu’elle combat.
4. LE MODÈLE ESPAGNOL
La possibilité d’une lutte efficace contre les VSS n'est pas de l’ordre du mystère insoluble.
En vingt ans, l'Espagne a fait reculer les féminicides de 30 %.
La recette ? Des tribunaux spécialisés et des ordonnances de protection quasi automatiques.
Par habitant, l'effort budgétaire espagnol pèse 5 à 7 fois plus que le nôtre. La sécurité des femmes n'est pas une question de discours, c'est une question de moyens et de volonté politique.
5. INVERSER LA CHARGE DE LA PEUR
Notre société a fini par naturaliser le fait que les femmes et les enfants s'adaptent au danger : modifier leurs trajets, surveiller leurs verres, anticiper la violence, se taire.
La loi intégrale renverse cette charge.
Ce ne sont plus les victimes qui doivent s'adapter à la violence, c'est la société qui doit s'organiser pour la faire reculer.
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