- Des comportements à risque persistants qui confirment une sous-estimation des dangers : 83 % des conducteurs français déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée ;
30 % déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués. - L’ultra-connectivité impacte l’attention des automobilistes au mépris de la sécurité : 65 % téléphonent au volant et 30 % utilisent des applications pour signaler un événement aux autres.
- L’autosatisfaction des conducteurs - « Le problème c’est les autres » : 64 % décrivent négativement le comportement des autres conducteurs alors qu’ils sont 97 % à juger positivement leur conduite.
- Les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans largement sur-représentés dans les comportements à risque : 39 % envoient et/ou lisent des SMS (vs. 24 % des conducteurs en général) ou des mails et 4 % d’entre eux conduisent en ayant consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (vs. 2 % des conducteurs en général). Des chiffres à mettre en parallèle avec la mortalité importante des 18-24 ans sur la route ans qui représentent 12 % des décès, alors qu'ils ne constituent que 7 % de la population².
PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS EN SYNTHESE
- Incivilités au volant : la crainte des autres conducteurs toujours très élevée malgré une légère amélioration des comportements
82 % des conducteurs européens déclarent avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs (-1 ; 81 % des conducteurs belges) ;
49 % admettent injurier d’autres conducteurs (-1 ; 49 %) ;
45 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (-2 ; 54 %) ;
28 % « collent » délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve (-2 ; 29 %) ;
17 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (-1 ; 11 %).
- Respect du code de la route : un accommodement avec les règles, incompatible avec la sécurité de tous
55 % ne respectent pas les distances de sécurité (- 1 ; 58 %) ;
50 % roulent sur la voie du milieu de l’autoroute alors que la voie de droite est libre (-1 ; 49 %) ;
33 % doublent à droite sur l’autoroute (-1 ; 36 %) ;
17 % n’attachent pas toujours leur ceinture de sécurité (-2 ; 7 %).
- Distracteurs au volant : une augmentation préoccupante des usages qui altère l’attention des conducteurs
65 % téléphonent au volant (-2 ; 65 %). Plus d’1 conducteur sur 2 (58 %) le fait via un système de conversation Bluetooth avec haut-parleur intégré (= ; 61 %) et 21 % le font avec le téléphone tenu en main (-2 ; 11 %) ;
24 % envoient ou lisent des SMS ou des mails en conduisant (-1 ; 21 %) ;
78 % déclarent qu’il leur arrive de détourner le regard de la route plus de 2 secondes lorsqu’ils sont au volant (-3 ; 87 %).
- Somnolence et fatigue au volant : des prises de risque aux conséquences trop sous-estimées
Parmi eux :
- 77 % reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde vs. 53 % des conducteurs en général (78 % vs. 54 %) ;
- 39 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant vs. 24 % des conducteurs en général (33 % vs. 19 %) ;
- 38 % ne s’arrêtent jamais au cours du trajet pour faire une sieste vs. 36 % des conducteurs en général (24 % vs. 19 %) ;
- 25 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de prendre le volant en se sentant très fatigué vs. 49 % des conducteurs en général (21 % vs. 44 %).
- Alcool, drogues et médicaments : une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes conducteurs
7 % ont déjà conduit en ayant consommé des médicaments qui sont susceptibles d’altérer leur vigilance (-1 ;7 %) ;
4 % des 16 à 24 ans (+1 ; 10 %) conduisent après avoir consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — vs. 2 % des conducteurs en général (= ; 2 %).
- Sécurité des intervenants : un manque de vigilance toujours inquiétant
53 % oublient de ralentir à proximité d’une zone de travaux (+2 ; 64 %).
Bernadette Moreau
Déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes
LES RESULTATS DETAILLES
Incivilités au volant : la crainte des autres conducteurs, toujours très élevée malgré une légère amélioration des comportements
Alors que la majorité des conducteurs européens se perçoivent, années après années, comme exemplaires au volant, ils se montrent parallèlement parmi les plus prompts à critiquer le comportement des autres, révélant une difficulté persistante à se remettre en question.Ainsi, 97 % des Européens citent au moins un adjectif positif pour décrire leur propre attitude sur la route
(97 % des conducteurs belges). Ils se considèrent en grande majorité vigilants (73 % ; 63 %) et près d’1 sur 4 se déclare courtois au volant (24 % ; 34 %). Ils ne se voient presque jamais agressifs (2 % ; 3 %) ou irresponsables (1 % ; 0,5 %).
Les mauvais conducteurs sont encore et toujours les autres : près de 2 conducteurs sur 3 (64 % ; 55 %) citent au moins un adjectif négatif pour décrire le comportement des autres, considérés comme agressifs (17 % ; 11 %) ou irresponsables (47 % ; 44 %).
82 % des conducteurs, soit plus de 8 sur 10, disent craindre l’agressivité des autres au volant, un niveau qui demeure très élevé au fil des années (-1 ; 81 %).
Alors que les Européens expriment une confiance élevée dans leur conduite, les comportements agressifs sur la route demeurent cependant à un niveau préoccupant :
- 49 % reconnaissent injurier les autres conducteurs (-1 ; 49 %) ;
- 45 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (-2 ; 54 %) ;
- 28 % collent délibérément les véhicules des conducteurs qui les énervent (-2 ; 29 %) ;
- 33 % doublent par la droite sur l’autoroute (-1 ; 36 %) ;
- 17 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (-1 ; 11 %).
Respect des règles du code de la route : un accommodement avec les règles, incompatible avec la sécurité de tous
Une large majorité de conducteurs européens s’accommode des règles du code de la route par excès de confiance en sous-estimant les conséquences de ces pratiques pour eux-mêmes ou pour les autres. Ainsi :- 83 % des conducteurs européens dépassent de quelques kilomètres/heure la limitation de vitesse (-2 ; 86 % des conducteurs belges) ;
33 % le font car la limitation en vigueur leur semble inadaptée ou trop basse par endroit (34 %) ;
16 % parce qu’ils se sentent en sécurité et pensent savoir maitriser leur véhicule (10 %) ;
- 55 % ne respectent pas les distances de sécurité (-1 ; 58 %) ;
- 46 % oublient de mettre leur clignotant pour doubler ou changer de voie (-5 ; 50 %) ;
- 50 % roulent sur la voie du milieu sur autoroute alors que le voie de droite est libre (-1 ; 49 %) ;
- 33 % doublent à droite sur autoroute (-1 ; 36 %) ;
- 17 % des conducteurs, soit près de 2 sur 10 (-1 ; 7 %), déclarent qu’il leur arrive de ne pas attacher leur ceinture ; ce chiffre s’élève à 28 % chez les hommes de moins de de 35 ans (+11 ; 21 %).
Distracteurs au volant : une augmentation préoccupante des usages qui altère l’attention des conducteurs
73 % des conducteurs européens se déclarent vigilants (63 %). Pourtant, 76 % d’entre eux (vs. 77 % des conducteurs en général ; 75 % ; vs. 77 % des conducteurs en général) utilisent leur téléphone ou programment leur GPS au volant et 42 % téléphonent régulièrement au volant (vs. 42 % des conducteurs en général ; 45 % ; vs.46 % des conducteurs en général).
78 % des conducteurs admettent d’ailleurs qu’il leur arrive de quitter la route du regard pendant plus de 2 secondes (-3 ; 87 %). Un manque d’attention très largement lié à l’utilisation du smartphone au volant dans toutes ses fonctionnalités — conversations téléphoniques, messages, mails, application GPS, etc. — qui progresse inexorablement et révèle une évolution générationnelle des usages impactant particulièrement les jeunes conducteurs :
- 77 % des Européens utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (= ; 77 %) vs. 88 % des 16 à 24 ans (93 % des conducteurs belges) ;
- 65 % déclarent téléphoner au volant (-2 ; 65 %) vs. 78 % des 16 à 24 ans (81 %) ;
- 51 % paramètrent leur GPS en conduisant (+2 ; 57 %) vs. 65 % des 16 à 24 ans (71 %) ;
- 24 % envoient et/ou lisent des SMS ou des mails (-1 ; 21 %) vs. 39 % des 16 à 24 ans (30 %) ;
- 30 % signalent aux autres conducteurs des événements via une application (+5 ; 29 %) vs. 43 %
des 16 à 24 ans (46 %) ; - 8 % regardent des films ou vidéos sur smartphone ou tablette (+1 % ; 5 %) vs. 17 % des 16 à 24 ans (16 %).
Les conducteurs téléphonent de plus en plus en Bluetooth (58 %, = ; 61 %) — bien que tolérée, cette pratique détourne tout autant l’attention que les autres modes de conversation. Les usages interdits par le code de route restent encore bien présents : 21 % des conducteurs téléphonent encore en ayant leur smartphone dans la main, c’est-à-dire sans kit main libre (-2 ; 11 %) ou avec une oreillette, un casque ou des écouteurs (27 %, -3 ; 16 %).
Somnolence et fatigue au volant : des prises de risque aux conséquences trop sous-estimées
La somnolence au volant constitue un risque routier majeur, étroitement lié à l’hygiène de sommeil des conducteurs. Une dette de sommeil cumulée se traduit par une somnolence diurne altérant directement la vigilance, les capacités de concentration et, in fine, la sécurité lorsque l’on conduit.30 % des conducteurs européens déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués
(-2 ; 33 % des conducteurs belges). Parmi eux :
- 77 % reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentif à leur conduite et que leur esprit vagabonde vs. 53 % des conducteurs en général (78 % vs. 54 %) ;
- 39 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant vs. 24 % des conducteurs en général (33 % vs. 19 %)
- 38 % ne s’arrêtent jamais pour faire une sieste vs. 36 % des conducteurs en général (24 % vs. 19 %) ;
- 26 % ont déjà empiété sur la bande d’arrêt d’urgence ou le bas-côté de la route à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement vs. 17 % des conducteurs en général (18 % vs. 12 %).
Les risques liés à la conduite en état de fatigue demeurent largement sous-estimés, alors même qu’ils influent significativement sur la vigilance et le temps de réaction des conducteurs. Ainsi, parmi les 30 % de conducteurs qui déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués, seulement 25 % considèrent que cela est très dangereux vs. 49 % des conducteurs en général (21 % vs. 44 %).
42 % des conducteurs, soit près d’1 sur 2, conduisent plus de 2 heures avant de réaliser une pause lors d’un long trajet (31 %). Le temps moyen de conduite avant de s’arrêter atteint ainsi 3h08 (-1 ; 2h50), une durée bien au-delà des 2 heures recommandées par les spécialistes du sommeil.
64 % des conducteurs s’arrêtent au cours du trajet pour faire une sieste (+2 ; 81 %) — pratique la plus efficace pour prévenir le risque d’endormissement au volant.
A noter que 72 % des conducteurs de véhicules électriques font une sieste lors de longs trajets, soit 8 points de plus que les conducteurs de véhicules thermiques (64 % ; 90 % vs.
80 %). Les temps d’arrêts nécessaires à la recharge offrent aux conducteurs l’opportunité de temps de pause favorisant ainsi la pratique de la sieste.
Alcool, drogues, médicaments : une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes conducteurs
Les conduites sous l’emprise de l’alcool, de stupéfiants ou de médicaments constituent aujourd’hui l’une des principales causes d’accidents mortels sur les routes en Europe³. Ces substances altèrent les capacités essentielles à la conduite — temps de réaction, vigilance, vision, coordination et attention — augmentant significativement le risque d’accident.- 5 % des conducteurs européens (9 % des conducteurs belges) reconnaissent qu’il leur arrive de prendre le volant en état d’ébriété⁴ alors que près d’1 sur 2 considère qu’il est très dangereux de conduire en état d’ébriété (44 % ; 56 %).
- 7 % conduisent en ayant consommé des médicaments susceptibles d’altérer leur vigilance (-1 ; 7 %) et 10 % des 16 à 24 ans (14 %) ;
- 2 % conduisent après avoir fumé du cannabis (= ; 2 %) et 7 % des 16 à 24 ans (8 %) ;
- 2 % conduisent après avoir consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (= ; 2 %) et 6 % des hommes de 16 à 24 ans (10 %) ;
A noter que la dangerosité du protoxyde d’azote, bien qu’il s’agisse d’une pratique émergente, est d’ores et déjà reconnue par les Européens : 72 % des Européens considèrent qu’il est très dangereux de conduire après avoir consommé du protoxyde d’azote (81 %).
Les jeunes conducteurs européens de 16 à 24 ans toujours largement sur-représentés dans les comportements dangereux :
- Près de 9 jeunes sur 10 utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (88 %, +5 ; 93 % des Belges de 16 à 24 ans) ;
- 39 % envoient ou lisent des SMS ou des mails au volant (-4 ; 30 %) ;
- 40 % prennent le volant alors qu’ils se sentent très fatigués (-2 ; 46 %) ;
- 22 % conduisent en oubliant d’attacher leur ceinture de sécurité (+9 ; 16 %) ;
- 7 % reconnaissent qu’il leur arrive de prendre le volant en état d’ébriété (-2 ; 7 %) ;
- 4 % conduisent après avoir consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (+1 ; 10 %).
Sécurité des intervenants : un manque de vigilance toujours inquiétant
La sécurité des intervenants sur les routes et les autoroutes est une préoccupation majeure des exploitants de ces réseaux qui mènent régulièrement des campagnes de sensibilisation à destination des conducteurs.- 75 % des conducteurs n’appliquent pas systématiquement les mesures de prudence indispensables à la sécurité des agents à l’approche d’une zone d’intervention (ralentir et s’écarter le plus possible) (-2 ; 64 % des conducteurs belges) ;
- 53 % oublient de ralentir à l’approche d’une zone de travaux (+2 ; 64 %).
²European Commission – Presse Release - EU road fatalities drop by 3% in 2024, but progress remains slow - Most affected groups and risk factors
³European Commission – Thematic Report – Alcohol and drugs
⁴C’est-à-dire en étant au-dessus du taux d’alcool autorisé et en ressentant les effets de l’alcool sur leur état physique ou leur perception.
⁵Baromètre sécurité du personnel en intervention 2025 - ASFA