La salle de presse DIEU N'A PAS DIT SON DERNIER MOT : RECOMPOSITIONS CONTEMPORAINES DU RELIGIEUX

DIEU N'A PAS DIT SON DERNIER MOT : RECOMPOSITIONS CONTEMPORAINES DU RELIGIEUX

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De la création d'un Bureau de la foi à la Maison Blanche à l'identitarisme chrétien en Europe, une effervescence religieuse semble de nouveau envahir la scène politique mondiale. Dieu n'était-il pas censé avoir quitté la vie de la cité pour se répondre dans le for intérieur du croyant ? 

Alain Dieckhoff, directeur de recherche CNRS au CERI de Sciences Po, offre des éléments d'analyse précieux pour comprendre ce qui se joue dans ce retour politisé du religieux.

Son entretien avec Conférence (en format complet dans le pdf téléchargeable et dont le contenu est résumé ici en six points) est libre de droits et peut être repris, tout ou en partie, sous réserve que soit mentionnée la revue dans laquelle il a été initialement publié.

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1. RÉVEIL DU RELIGIEUX

On a cru au processus de laïcisation irréversible. La religion devait se retirer dans le for intérieur du croyant, laisser le politique à ses propres lois.

Pourtant, la tendance s'inverse : elle est plus présente aujourd'hui qu'il ya cinquante ans.

2. UN RETOUR ORTHODOXE AUX SOURCES 

Le réveil du religieux prend aujourd'hui deux formes : 

  • la piétiste : retour scrupuleux aux principes religieux fondamentaux, sans objectif politique.

  • l'activiste : la religion comme projet de transformation de la société.

  
3. LE VIRAGE DE DAMAS
 

Ce tournant débute dans les années 80 : 

  • 1979 : la révolution iranienne érige l'islam en fondement de la cité.

  • 1981 : Reagan est élu grâce aux évangéliques

 

Deux événements, deux continents, et une même tendance politique qui ne s'est pas réfléchie depuis. 

4. RENDRE GRANDEUR À LA RELIGION

L'État américain est constitutionnellement neutre.

Mais, avec Trump et la création d'un « Bureau de la foi » au sein de la Maison Blanche, les frontières se brouillent.

En convoquant la religion dans les affaires politiques, l'actuel président américain a enfoncé la porte que Reagan avait ouverte. 

5. LE CHRISTIANISME SANS LA FOI

Dans une Europe sécularisée, le religieux se recompose comme identité politique.

Salvini et son rosaire, Orbán et la civilisation chrétienne, Zemmour et le judéo-christianisme : c'est ce qu'Olivier Roy nomme l'« identitarisme chrétien irréligieux ».

On peut se revendiquer chrétien sans croire, pourvu que cette identité se distingue d'une altérité musulmane.

6. UNE PAROUSIE POLITIQUE

Théoricien de la fin de l'Histoire, Fukuyama pensait que nationalisme et religion étaient des phénomènes du passé.

Le XXᵉ siècle fut effectivement celui des idéologies séculières : communisme, fascisme, libéralisme.

Le XXIᵉ siècle voit le retour d'un religieux politisé, dont la dimension activiste n'est pas étrangère à une forme de nationalisme.

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