1. RÉVEIL DU RELIGIEUX
On a cru au processus de laïcisation irréversible. La religion devait se retirer dans le for intérieur du croyant, laisser le politique à ses propres lois.
Pourtant, la tendance s'inverse : elle est plus présente aujourd'hui qu'il ya cinquante ans.
2. UN RETOUR ORTHODOXE AUX SOURCES
Le réveil du religieux prend aujourd'hui deux formes :
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la piétiste : retour scrupuleux aux principes religieux fondamentaux, sans objectif politique.
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l'activiste : la religion comme projet de transformation de la société.
3. LE VIRAGE DE DAMAS
Ce tournant débute dans les années 80 :
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1979 : la révolution iranienne érige l'islam en fondement de la cité.
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1981 : Reagan est élu grâce aux évangéliques
Deux événements, deux continents, et une même tendance politique qui ne s'est pas réfléchie depuis.
4. RENDRE GRANDEUR À LA RELIGION
L'État américain est constitutionnellement neutre.
Mais, avec Trump et la création d'un « Bureau de la foi » au sein de la Maison Blanche, les frontières se brouillent.
En convoquant la religion dans les affaires politiques, l'actuel président américain a enfoncé la porte que Reagan avait ouverte.
5. LE CHRISTIANISME SANS LA FOI
Dans une Europe sécularisée, le religieux se recompose comme identité politique.
Salvini et son rosaire, Orbán et la civilisation chrétienne, Zemmour et le judéo-christianisme : c'est ce qu'Olivier Roy nomme l'« identitarisme chrétien irréligieux ».
On peut se revendiquer chrétien sans croire, pourvu que cette identité se distingue d'une altérité musulmane.
6. UNE PAROUSIE POLITIQUE
Théoricien de la fin de l'Histoire, Fukuyama pensait que nationalisme et religion étaient des phénomènes du passé.
Le XXᵉ siècle fut effectivement celui des idéologies séculières : communisme, fascisme, libéralisme.
Le XXIᵉ siècle voit le retour d'un religieux politisé, dont la dimension activiste n'est pas étrangère à une forme de nationalisme.