« Le recours croissant à l’externalisation reflète les pressions du marché. Le marché européen de la gestion déléguée de sinistres (TPA) devrait croître de 55 % d’ici 2034. La gestion de sinistres constitue aujourd’hui un déterminant majeur de la performance financière, des résultats et de l’exposition réglementaire. Les choix d’organisation, en interne, externalisé ou selon un modèle hybride, influencent directement le coût total du risque, la prévisibilité financière et la résilience opérationnelle », déclare Céline Lefort, Directrice TPA, Sedgwick France.
Parmi les principales tendances mises en évidence :
- La gravité des sinistres devient le principal déterminant des coûts. Le nombre de sinistres en responsabilité civile à fort enjeu, supérieurs à 100 000 euros, a plus que triplé depuis 2020, tandis que les dossiers les plus coûteux concentrent une part jamais atteinte des indemnités.
- Les coûts des sinistres automobiles ont presque doublé depuis 2021 et les coûts liés aux dommages corporels ont augmenté d’environ 50% depuis 2022. Pour la France, l’enjeu est particulièrement significatif sur les sinistres corporels graves : pour un dossier de tétraplégie analysé dans le rapport, les soins et l’assistance représentent 72 % de l’indemnisation totale.
- Les risques climatiques s’imposent dans le paysage des sinistres. Les sinistres liés au climat représentent de manière constante 19 à 22% des volumes et les provisions associées sont passées de 13% à 22%. À l’échelle de l’Union européenne, l’été 2025 a causé au moins 43 Milliards d’euros de pertes économiques à court terme, sous l’effet des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations.
- La fraude se transforme sous l’effet de l’IA. Près de 10% des dépenses de sinistres en Europe seraient dues à la fraude, détectée ou non, et les fraudeurs utilisent désormais des images, documents, identités et récits générés ou modifiés par l’IA, ce qui renforce l’importance d’une gouvernance solide et d’enquêteurs spécialisés.
- L’automatisation crée de la valeur, mais elle doit rester encadrée. Le rapport souligne que 77% des assurés privilégient une prise en charge humaine pour les sinistres complexes ou sensibles, et que l’IA doit être utilisée pour libérer du temps aux gestionnaires, non pour remplacer l’expertise et l’empathie humaines.
« Les coûts de sinistres dépendent aujourd’hui autant de la qualité de la chaîne de réparation que du dommage lui-même. Les acteurs disposant de réseaux de réparation pilotés et qualifiés vont au-delà du traitement des sinistres. Ils maîtrisent la trajectoire de coût, de la déclaration à la clôture, en orchestrant l’ensemble de l’écosystème de réparation et en apportant une visibilité de bout en bout » insiste Stéphanie Barreau, Directrice Initiatives Europe et EGA, Sedgwick France.
Pour les organisations françaises, ces tendances confirment la nécessité de passer d’une gestion réactive à une gestion proactive des sinistres. Les tendances, données et prévisions du Rapport Gestion des sinistres 2026 seront suivies par les experts de Sedgwick tout au long de l’année. Pour plus d’informations, consultez le rapport.