Cinq ans après son entrée en vigueur, la Taxonomie européenne amorce un changement d’échelle
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Un cap symbolique franchi : 1 000 Mds € de CapEx sont désormais alignés à la Taxonomie européenne, un alignement qui progresse de manière continue ;
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Des simplifications qui étaient attendues : 87 % des entreprises ont eu recours aux simplifications sur l’exercice 2025, les activités considérées comme non matérielles représentant en moyenne 3,1 % du chiffre d’affaires et 4 % des CapEx ;
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Une dynamique d’alignement maintenue : 83 % des entreprises publient un alignement non nul, avec un chiffre d’affaires aligné qui atteint 26 % en moyenne (contre 18 % trois ans plus tôt) ;
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Un reporting plus lisible et davantage tourné vers les messages clés : les entreprises consacrent en moyenne cinq pages à leur reporting Taxonomie (hors tableaux réglementaires) et 52 % d’entre elles complètent les informations requises par des tableaux ou graphiques offrant une vision synthétique de leurs indicateurs ;
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Des financements verts en développement : le marché des EU Green Bonds (EU Green Bond Standard) totalise 31 milliards d’euros d’émissions depuis son lancement début 2025, confirmant le rôle de la Taxonomie comme référentiel de crédibilité pour le financement de la transition.
Immobilier, automobile, luxe, santé : des dynamiques sectorielles qui s’ancrent dans la durée
L’étude met en évidence de fortes disparités entre secteurs :
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Immobilier : le secteur affiche l’un des plus forts taux d’éligibilité (90 % et plus) et d’alignement (50 % en moyenne pour le chiffre d’affaires) parmi l’ensemble des secteurs étudiés. Ces résultats s’expliquent par un cadre réglementaire français exigeant et par l’usage généralisé d’outils de suivi énergétique, faisant de l’alignement un levier clé pour mobiliser des financements durables ;
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Automobile : l’éligibilité est proche de 100 % pour les constructeurs et les entreprises de leasing, mais l’alignement reste conditionné par l’adoption des véhicules électriques par les consommateurs ;
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Luxe : portée par les investissements immobiliers, l’éligibilité des CapEx atteint en moyenne 50 %, tandis que l’alignement reste limité à 12 % en moyenne, les caractéristiques énergétiques du parc immobilier, notamment des boutiques en centres-villes historiques, ne permettant pas toujours de satisfaire les critères de la Taxonomie ;
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Santé : malgré des taux d’éligibilité élevés depuis 2023 avec l’entrée en vigueur de l’objectif « Pollution », l’alignement reste très faible (7 % en moyenne sur le chiffre d’affaires), les critères Taxonomie verte allant au-delà des normes réglementaires actuelles de l’Union Européenne, au point que les deux activités de la Taxonomie applicables au secteur ont été retirées du projet de révision des critères, le temps d’en élaborer de nouveaux.
Ces constats montrent que la Taxonomie dépasse le cadre d’un exercice réglementaire uniforme pour refléter les spécificités et les transformations propres à chaque secteur.
2026-2028 : après la simplification du reporting, celle des critères techniques
Après les premières simplifications entrées en vigueur (principe de matérialité, allègement des tableaux de reporting), la Commission européenne engage une nouvelle étape avec la révision des critères d’examen technique des activités, dont l’adoption est attendue au 4e trimestre 2026. Cette révision s’articule autour des évolutions suivantes :
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Le renforcement de la standardisation des critères d’examen technique, par la rationalisation des critères DNSH entre différentes activités ;
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La simplification de la mise en œuvre de l’alignement, grâce à une harmonisation des exigences avec les autres réglementations européennes ;
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L’élargissement du périmètre de certaines activités, via la révision de leur description.
Ces travaux se poursuivront avec la refonte de l’acte délégué « Disclosures » en 2027 pour simplifier davantage le reporting, puis avec l’ajout de nouvelles activités éligibles à partir de 2028.
Ces ajustements répondent aux demandes exprimées par les entreprises pour alléger la charge de reporting, tout en maintenant un cadre robuste et comparable garantissant la confiance des investisseurs et des régulateurs. Un nouvel enjeu émerge néanmoins avec la diffusion rapide du modèle à l’international : celui de l’interopérabilité entre taxonomies, condition d’une allocation fluide des capitaux à l’échelle mondiale.
Sarah Bagnon-Szkoda, Associée KPMG France, en charge de l’ESG au sein de la direction technique de KPMG et Présidente de la Commission durabilité de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes :
« Pour sa cinquième année d'application, la Taxonomie européenne franchit le seuil des 1 000 milliards d'euros de CapEx alignés. Au-delà de ce jalon, c'est la progression régulière des investissements qui retient l'attention, reflet des transformations engagées par les entreprises pour décarboner leurs activités. L'extension progressive du référentiel à de nouvelles activités pourrait à terme permettre à davantage d'entreprises de valoriser leurs investissements alignés et ainsi mieux refléter la diversité du tissu économique européen. Cette dynamique trouve également un écho sur les marchés financiers, où les EU Green Bonds totalisent 31 milliards d'euros d'émissions à fin mars 2026, un peu plus d'un an après leur lancement. »
Imran Raja, Director en charge du Sustainable Finance Assurance Desk de KPMG en France et membre de la Plateforme sur la finance durable de la Commission européenne :
« Les premières simplifications introduites pour l'exercice 2025 ont rencontré une large adhésion de la part des entreprises, avec une adoption par 84 % d'entre elles. Cet engouement reflète l'attente d'un cadre plus opérationnel de la part des acteurs économiques. Parmi ces évolutions, l'usage du principe de matérialité retient particulièrement l'attention. Il n'a été mobilisé que de manière ciblée et n'a conduit qu'à l'exclusion d'une part limitée des activités et investissements des entreprises. Cette utilisation mesurée illustre la recherche d'un équilibre entre la prise en compte des enjeux opérationnels de mise en œuvre et la volonté de continuer à valoriser l'alignement des activités au regard de la Taxonomie. »