[Japon, Tokyo. 13 mars 2026]
De la friche à la nature
Ce qui nʼétait autrefois quʼun amas de déchets flottant dans le port de Tokyo a été transformé en une magnifique forêt, grâce à la collaboration du gouvernement métropolitain de Tokyo, des entreprises et des habitants.Le parc Umi-no-Mori (forêt de la mer), situé dans lʼarrondissement de Koto à Tokyo, abrite une forêt entourant une vaste pelouse et des bosquets. Le parc est en cours dʼaménagement depuis environ 20 ans dans le cadre du projet Umi-no-Mori ; de jeunes arbres ont été plantés sur ces terres gagnées sur la mer constituées de déchets et de gravats de construction pour les transformer en une oasis de verdure. La planification de cette incroyable transformation a commencé en 2005, lorsquʼune proposition a été faite pour transformer le site en forêt. Des années dʼefforts ont porté leurs fruits avec lʼinauguration qui a eu lieu le 28 mars 2025.
Mais les ambitions du projet vont encore plus loin, avec lʼobjectif de créer une forêt fondée sur le recyclage des ressources, en collaboration avec les citoyens de Tokyo. Pour transformer lʼamas de déchets en un havre de verdure, plusieurs mesures spécifiques ont dû être prises afin de créer un sol fertile. Le terrain a été comblé par 12,3 millions de tonnes de déchets et de terre de remblai en couches alternées, mélangés à du compost pour créer une base solide pour les plantes. Le compost a été fabriqué à partir de feuilles et de brindilles issues de lʼélagage des arbres des parcs et rues de Tokyo, transformant ainsi une autre forme de déchets en ressource pour aider la forêt à sʼépanouir.
Ce nouveau parc devient également un lieu important pour la faune, notamment les insectes et les oiseaux, grâce aux nombreuses espèces dʼarbres pouvant leur servir dʼhabitat et de source de nourriture. Les visiteurs peuvent déjà apercevoir de nombreuses variétés de papillons et de libellules, ainsi que des oiseaux comme lʼalouette des champs et la pie-grièche bucéphale qui ont élu domicile dans le parc.
Lʼavenir de lʼagriculture
Face à lʼaugmentation des coûts agricoles et aux inquiétudes concernant leur impact environnemental, une course est engagée pour trouver des modes de production alimentaire plus durables. Oishii Farm est une entreprise offrant une solution potentielle ; elle sʼest lancée dans lʼagriculture verticale comme alternative à lʼagriculture conventionnelle dès sa fondation en 2016.Lʼagriculture verticale optimise les conditions de croissance en utilisant des plateaux superposés dans un environnement contrôlé pour cultiver des produits frais, indépendamment du climat ou du lieu. Cela présente de nombreux avantages : les produits peuvent être cultivés toute lʼannée et, les fermes verticales ne nécessitant pas de terres arables, elles peuvent être construites là où lʼagriculture traditionnelle serait impossible.
Oishii Farm utilise également un système en boucle fermée qui permet un recyclage efficace de lʼeau et des économies dʼénergie, tout en éliminant le besoin de pesticides. Cʼest également la première entreprise à parvenir à une pollinisation naturelle, stable et à grande échelle à lʼaide dʼabeilles au sein dʼun système agricole en boucle fermée. Ayant débuté ses activités aux États-Unis, Oishii Farm a établi sa filiale japonaise à Tokyo en 2025, la ville étant un leader mondial en recherche et développement agricole durable et un foyer dʼinnovation dans de nombreux domaines clés pour lʼagriculture verticale, dont la robotique, lʼautomatisation, le recyclage de lʼeau et les systèmes de surveillance. Lʼentreprise a également attiré lʼattention lors du SusHi Tech Tokyo, la plus grande conférence sur lʼinnovation en Asie.
Garder des traditions dynamiques et au goût du jour
Si Tokyo est connue comme une ville technologique, elle abrite aussi de nombreuses traditions séculaires. Prenez lʼexemple de Yonoya Kushiho (boutique de peignes Yonoya) dans le quartier dʼAsakusa. Fondée en 1717 pendant lʼépoque dʼEdo (1603-1868) et aujourdʼhui dirigée par Yutaka Saito, la maison Yonoya crée de magnifiques peignes faits main en buis de Satsuma, provenant de la préfecture de Kagoshima dans le sud du Japon. Dur mais flexible, ce bois résiste à la rupture sous la pression ; cʼest idéal pour les dents de peigne qui doivent glisser dans la chevelure sans casser les cheveux ni causer de fourches, contrairement aux bois plus durs ou au plastique.Chaque peigne nécessite des années de préparation : le bois est séché et fumé à plusieurs reprises avant dʼêtre façonné, affiné et poli à la main en atelier, puis trempé dans de lʼhuile de camélia, qui hydrate les cheveux et donne au peigne un éclat ambré naturel. Saito sʼefforce dʼéquilibrer le respect du passé et lʼouverture au changement, en créant également des accessoires pour cheveux aux styles plus décontractés et à des prix accessibles, sans compromettre la qualité.
Il affirme que préserver la tradition nʼa rien de passif, mais constitue un acte de création ; un sentiment partagé par certains élèves du lycée Engei (horticole) métropolitain de Tokyo, où les membres du club de bonsaï font vivre et prospérer cet art historique précieux.
Introduit au Japon entre le XIIe et le XIVe siècle et progressivement popularisé dans tout le pays, cet art de cultiver et de façonner des arbres miniatures nʼest généralement pas associé aux jeunes générations. Mais ces lycéens ont confié que leur expérience en tant quʼinstructeurs de bonsaï, lors dʼun atelier dans un parc local, a joué un rôle crucial pour renforcer leur confiance dans la pratique de cet art. En prenant régulièrement soin dʼarbres âgés de plus de 50 ans, et pouvant vivre jusquʼà 1 000 ans, les membres du club partagent un grand sens des responsabilités pour perpétuer cette pratique historique et la faire découvrir au monde entier.
Pour en savoir plus sur ces personnes et dʼautres profils inspirants, consultez Tokyo Updates :
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*1 : Le Global Power City Index de l’Institut des stratégies urbaines de la Fondation Mori Memorial.