- Un financement suffisant et spécifique est nécessaire dans le prochain budget à long terme de l'UE.
- Des billets abordables et une tarification transparente sont indispensables.
- Le secteur ferroviaire de l’UE emploie plus de 1,3 million de personnes dans les domaines de la fabrication, de la construction, de la maintenance et de l’exploitation.
Adopté par 558 voix pour, 23 contre et 73 abstentions, le rapport, élaboré en réponse au plan d’action de la Commission, appelle à la mise en place d'un véritable réseau ferroviaire européen à grande vitesse, interopérable, innovant, accessible et intermodal, qui apporte des bénéfices concrets aux citoyens et garantit une utilisation efficace des fonds publics.
Un avantage tangible pour les Franciliens
Grâce à ses gares parisiennes, véritable carrefour ferroviaire vers le reste de l’Europe, l’Île-de-France serait parmi les premières régions à profiter de ce réseau. Pour les Franciliens, le gain serait concret : selon le plan d’action présenté par la Commission européenne en novembre 2025, Rome ne serait plus qu’à 8 h 45 de Paris d’ici 2030, contre 10 h 50 aujourd’hui, et Madrid pourrait être reliée en 6 heures à terme. En rapprochant ainsi les grandes métropoles européennes, les députés veulent faire du train une vraie alternative à l’avion pour les déplacements au sein de l’Union.
Mieux relier les villes et les régions
Les députés souhaitent que le réseau ferroviaire à grande vitesse relie non seulement les capitales européennes, mais aussi les principaux pôles urbains de toutes les régions européennes ainsi que ceux des pays voisins, soit par des liaisons directes à grande vitesse, soit par des correspondances efficaces avec le réseau à grande vitesse. Selon eux, cela contribuerait à réduire les disparités territoriales et à améliorer la connectivité des régions périphériques et moins développées.
Le rapport préconise d’achever le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), de recenser les liaisons manquantes ainsi que les tronçons abandonnés ou insuffisamment desservis, et d’identifier les liaisons transfrontalières présentant une forte valeur ajoutée.
Des financements suffisants, prévisibles et à long terme
Les députés souhaitent que le secteur tire pleinement parti des fonds européens existants et futurs pour développer le réseau ferroviaire à grande vitesse. Ils demandent que le cadre financier pluriannuel 2028-2034 prévoie des financements suffisants et spécifiquement dédiés à cet objectif, notamment en préservant et en renforçant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et en soutenant les investissements dans le cadre des plans nationaux.
Des billets de train abordables et une tarification transparente
Selon les députés, des services ferroviaires accessibles et abordables sont essentiels pour lutter contre la précarité en matière de mobilité et garantir l’égalité d’accès aux transports dans toute l’UE. Ils encouragent les États membres et les opérateurs ferroviaires à rendre les billets de train à grande vitesse plus abordables, notamment grâce à des tarifs accessibles et à des dispositifs adaptés de réduction ou d’abonnement.
Le rapport demande également une plus grande transparence dans la tarification des billets et salue les propositions législatives récemment présentées par la Commission concernant les droits des passagers. Ces propositions devraient permettre de proposer des offres de billets de train interopérables, accessibles et facilement comparables.
Citation
Le rapporteur, Vicent Marzà Ibáñez (Verts/ALE, Espagne), a déclaré : " Une liaison ferroviaire à grande vitesse entre les principales villes européennes permettra un transfert massif des déplacements de voyageurs de l’avion vers le train. Il s’agit d’un élément essentiel pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles, créer des emplois de qualité et renforcer considérablement notre autonomie stratégique. Cela nécessite des investissements suffisants dans toute l’Union, notamment par le recours à des obligations vertes ferroviaires, sans pour autant se faire au détriment des services ferroviaires de banlieue et régionaux qu’utilisent les citoyens au quotidien. "
Contexte
En novembre 2025, la Commission a adopté un plan d’action sur le transport ferroviaire à grande vitesse, qui définit les mesures nécessaires pour mettre en place, d’ici à 2040, un réseau européen plus rapide, plus interopérable et mieux connecté. Depuis 2014, plus de 100 milliards d’euros issus des programmes de l’UE ont été alloués à des projets d’infrastructures ferroviaires.