La salle de presse DERRIÈRE LE MYTHE ZIDANE : LES FRACTURES POLITIQUES FRANÇAISES

DERRIÈRE LE MYTHE ZIDANE : LES FRACTURES POLITIQUES FRANÇAISES

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Sciences Po

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Premier artisan du sacre de 1998, figure tutélaire de l'entraîneur idéal alors que Didier Deschamps dispute sa dernière compétition : la Coupe du monde 2026 qui approche ravive inévitablement le mythe Zidane. Mais qui est réellement l'homme derrière la légende et quelle est la portée politique d'une figure aussi unanimement adulée ?

Pour soustraire Zidane au récit commode du « don inné » et éclairer sa discrétion politique face à l'avènement du football-business, le sociologue Stéphane Beaud propose dans son ouvrage Zinedine Zidane (La Découverte, 2026) une relecture inédite de sa trajectoire en miroir des mutations et clivages de la société française.

Son entretien pour Conférence, résumé ici en huit points, est libre de droits et peut être repris, en tout ou en partie, sous réserve de mentionner le site Conférence où il a été initialement publié.

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1. LE SPECTRE DE LA LÉGENDE

Artisan premier du sacre de 1998, figure de l'entraîneur idéal alors que Deschamps dispute sa dernière compétition, Zidane fait inévitablement planer son ombre sur la Coupe du monde 2026 qui s’ouvre.

L’aura mythique qui entoure le numéro 10 occulte pourtant l'essentiel : les conditions sociales et politiques de sa trajectoire exceptionnelle.

2. LE GÉNIE PUR N'EXISTE PAS

Le narratif commode du talent inné préfère la magie au labeur.

Mais, à la différence d'un Pelé ou d'un Maradona au génie précoce, Zidane a construit sa carrière par paliers, méthodiquement, obstinément.

Comme Mozart en son temps, son génie est d'abord le produit d'une discipline de fer et d'un acharnement dans son art.

3. LE TRIPTYQUE DE LA CASTELLANE

Derrière l'obsession du football, on retrouve une socialisation familiale rigoureuse.

Fils d'un ouvrier immigré kabyle, “Yazid” a intériorisé les valeurs constamment répétées dans sa famille : travail, respect, humilité.

4. « MOI, DANS MA TÊTE, JE SUIS MONSIEUR TOUT LE MONDE »

En 1995, l'arrêt Bosman libéralise le marché des footballeurs européens et propulse Zidane dans l'ère du football-business.

Une violence sociale sourde pour un homme élevé dans le culte de la pudeur.

Face aux sollicitations incessantes, il érige le secret et la protection de sa vie privée en stratégie sociale de survie.

5. LA PARENTHÈSE BLACK-BLANC-BEUR

Le sacre de 1998 a figé Zidane et ses coéquipiers en symboles d'une France réconciliée.

Quatre ans plus tard, l'accession du Front national au second tour de la présidentielle de 2002 sonnera le glas du mythe de l’« intégration républicaine ».

6. ZIZOU : SIMPLE PANNEAU PUBLICITAIRE ?

Jugé timoré sur ses prises de parole publique, Zidane n'a rompu son apolitisme qu'à deux reprises pour appeler à faire barrage à l'extrême droite.

Alors que le parti poursuit son ascension, cette frilosité politique s’infléchit. 

À l'image de leur capitaine Kylian Mbappé, plusieurs joueurs de l’équipe nationale n'hésitent pas à prendre position contre la flambée des discours anti-immigrés.

7. LA CASTELLANE EN MIROIR

Étudier la trajectoire de Zidane, ce n'est donc pas seulement célébrer la légende.

C'est comprendre comment le destin exceptionnel d'un fils d'ouvrier kabyle éclaire, en miroir, les mutations et les fractures de la société française d'hier et d'aujourd'hui.

👉 Retrouvez l’entretien complet sur Conférence.
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