Finir dans les e-mails non lus est une situation que tout professionnel des relations presse cherche à éviter. Pourtant, ce cas est fréquent. Selon le rapport « Journalistes et bureaux de presse 2026 » de Mediaddress, seuls 11 communiqués sur 100 reçus sont utiles pour les journalistes. Comment rédiger un communiqué de presse pertinent et exploitable par les médias ? Voici les cinq erreurs les plus fréquentes à éviter.
Erreur n° 1 : rédiger un communiqué de presse trop promotionnel
Un communiqué de presse n’est pas une brochure marketing. Son rôle est d'informer, pas de vendre. Employer des superlatifs comme « révolutionnaires », « inégalées », « disruptives » peut nuire à la crédibilité du message. Pour 72 % des journalistes interrogés par Mediaddress, un contenu trop promotionnel est très « mal vu » et risque de « finir à la corbeille ».
Les journalistes recherchent avant tout des informations factuelles, contextualisées et vérifiables. Comme l’expliquait, Nicolas Berrod, chef de service adjoint santé au Parisien dans notre série les Clés des RP, « en résumé, à la lecture d’un CP, j’aime bien accéder à l’information brute très vite. J’ai besoin que ce soit clair : quelle est la nouveauté ? Pourquoi elle peut avoir du sens ? Pourquoi elle peut intéresser Le Parisien ? Et surtout comment s'ancre-t-elle dans l’actualité ? Pourquoi est-ce que c'est un sujet maintenant et que ce n’était pas le cas il y a deux mois ? »
Concrètement, une formulation comme « notre solution révolutionnaire transforme l'expérience client grâce à une technologie inégalée » n'apporte aucune information journalistique. En revanche, écrire « la plateforme réduit le délai de traitement des commandes de 48 heures à 6 heures, selon un test conduit sur 1 200 clients entre janvier et mars 2026 » donne des informations précises, vérifiables et immédiatement utilisables.
Erreur n° 2 : envoyer un communiqué de presse sans angle journalistique
Un communiqué sans angle précis ne rencontrera jamais sa cible. L’une des erreurs les plus fréquentes est de vouloir tout dire à la fois : présenter l'entreprise, revenir sur son historique, annoncer plusieurs actualités dans un même CP. Un contenu qui annonce à la fois, l'ouverture d'une filiale, une campagne de recrutements et le lancement d'un produit, ne donne au journaliste aucun fil directeur. Chaque prise de parole doit s'articuler autour d'une information forte et clairement identifiée.
Comme le rappelle Fabrice Cousté, journaliste immobilier et animateur de SMART IMMO, dans un récent échange, « les communicants doivent se mettre à la place des journalistes (...) un communiqué de presse doit répondre aux mêmes contraintes qu’un article : il faut travailler le titre et l’accroche. » Avant la rédaction, il faut répondre à une question : pourquoi cette information mérite-t-elle d’être traitée maintenant ?
Erreur n° 3 : publier des informations non sourcées ou incomplètes
D'après le dernier rapport de Cision sur l'État des Médias en 2026, la lutte contre la désinformation est l'un des principaux enjeux des rédactions. Dans ce contexte, diffuser des données non vérifiées ou incomplètes peut fragiliser la relation avec les médias. Une affirmation comme « 9 entreprises sur 10 ont amélioré leur performance grâce à cette approche » n'aura aucune valeur si elle n'est accompagnée ni d'une source identifiable ni d'une méthodologie claire.
Chaque information avancée doit pouvoir être vérifiée. Il est indispensable d’identifier les experts cités, de préciser l'origine des études mentionnées et de fournir un contact presse capable de répondre rapidement aux demandes complémentaires des journalistes.
Erreur n° 4 : diffuser son communiqué aux mauvais journalistes
L’envoi de mass-mailing à des listes de contacts non qualifiés est encore une erreur fréquente. Selon Mediaddress, 81 % des journalistes ignorent les communiqués reçus parce que le sujet ne correspond pas à leur domaine de couverture.
Un journaliste santé ne traite pas les mêmes sujets qu'un journaliste économique, technologique ou international. Adresser une information au mauvais interlocuteur est contre-productif et peut abîmer durablement la relation avec les rédactions. Avant chaque diffusion, il est essentiel de vérifier les thématiques couvertes, les formats privilégiés et les sujets récemment traités par le journaliste.
Erreur n° 5 : utiliser un langage trop technique
Acronyme, jargon technique, vocabulaire expert, anglicisme… Les communiqués de presse trop techniques peuvent parfois avoir l’effet inverse de celui recherché. Selon Romain Schneider, journaliste sportif au Figaro, interrogé dans notre format Les Clés des RP, « je constate souvent un langage trop technique, en particulier dans les sports peu médiatisés ».
L'objectif est de rendre l'information accessible. Des phrases courtes et un vocabulaire clair permettent de gagner en lisibilité. Par exemple, plutôt que d'écrire : « un parcours certifié HCP-Index conforme aux référentiels R&A et USGA en environnement links », préférez : « un parcours homologué par la fédération et accessible aux joueurs de tous niveaux ».
Le communiqué de presse est aujourd'hui la deuxième source d’information des journalistes, selon Mediaddress. Un angle clair, des données fiables, un ciblage précis et une rédaction accessible font partie des conditions essentielles, parmi d’autres, pour capter l’attention des médias.
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