Le Média Annabelle Cognet (Bouygues) : « le défi réside dans la nécessité de s’adapter en permanence ».
Interview

Annabelle Cognet (Bouygues) : « le défi réside dans la nécessité de s’adapter en permanence ».

Paroles de RP Bonnes pratiques RP

Dans son format « Paroles de RP », MediaConnect met en lumière les directeurs et responsables des relations presse. Ils partagent leur parcours, leurs conseils et leurs défis du quotidien. Pour ce nouvel épisode, nous avons échangé avec la Directrice adjointe en charge des Relations Médias, de la Communication digitale et de la Communication interne du Groupe Bouygues : Annabelle Cognet.
 

Annabelle Cognet (Bouygues) : « le défi réside dans la nécessité de s’adapter en permanence ».
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Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous arrivée à exercer dans le secteur de la communication et les relations presse ?

J’ai construit tout mon parcours dans le groupe Bouygues et dans la communication, même si j’ai découvert ce secteur par un biais un peu détourné. À l’origine, je me destinais à travailler dans la haute fonction publique avec une appétence très marquée pour le journalisme. À la fin de mes études, je postule à une offre de journaliste d’entreprise chez Bouygues. Je suis donc arrivée dans la communication en tant que rédactrice pour les publications internes, qui sont une institution au sein du groupe. Le Minorange, le magazine interne historique, est un outil très important de diffusion de la culture d’entreprise. Il est diffusé à 100 000 exemplaires et donne lieu à de grands reportages. Cette première expérience m’a apporté une très bonne connaissance et compréhension du large champ d’action du groupe et de ses enjeux.

Après avoir exercé dans l’éditorial pendant quelque temps, j’ai découvert les relations presse en devenant responsable de la communication au sein de Bouygues Bâtiment Île-de-France. J’ai ensuite rejoint la filiale spécialisée dans les énergies, Bouygues Energies & Services, pour m’occuper de la communication interne et externe. Après un passage chez Equans, je suis retournée à la maison mère du groupe, où j’avais commencé avec le Minorange. C’était il y a 3 ans : j’ai pris mon poste actuel de responsable des relations médias, de la communication digitale, de l’influence, et désormais de la communication interne. L’écosystème du groupe permet vraiment de créer des parcours enrichissants, à la fois en élargissant les périmètres, mais aussi en favorisant la mobilité entre les filiales.

 

Comment s’est construit votre direction ? Pourquoi avoir associé la communication interne aux relations presse ?

À l’origine, c’était un service de relations presse uniquement. Il y a une dizaine d’années, comme dans beaucoup d’entreprises, les relations presse ont été étendues sur les plateformes de réseaux sociaux, en commençant par Twitter. Les services ont alors été rapprochés. Par ailleurs, chacune de nos filiales – Colas, Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Equans, Bouygues Telecom, TF1 – a ses services dédiés, avec lesquels nous travaillons en totale interaction et coordination. Pour la communication interne, c’est un peu plus récent. Avec l’arrivée d’Olivier Roussat il y a 5 ans en tant que directeur général, et plus récemment de Maylis Carçabal, directrice de la Communication, il y a eu une volonté de lui donner plus d’ambition.
 

Quelles sont les trois qualités nécessaires pour être un bon responsable RP selon vous ?

Il y a avant tout la nécessité de connaître son entreprise, ses sujets, ses métiers, sa direction, sa stratégie et ses enjeux. Il faut avoir les idées extrêmement claires sur les messages qu’on souhaite porter. Sur ce premier point, mon passé éditorial m’a énormément aidé à clarifier, structurer et porter les bons messages.

Ensuite, il faut évidemment se concentrer sur la compréhension de nos audiences. C’est là que le travail mené avec les journalistes est indispensable, afin de comprendre leurs attentes et celles de leurs publics. J’ai toujours eu à cœur et comme obsession d’avoir de l’impact. Pour cela, il ne faut pas simplement savoir délivrer un message, mais se demander s’il sera entendu, délivré au bon endroit, à la bonne cible, et finalement intégré.

Enfin, ce métier demande une forte curiosité : lire, écouter des conférences, faire partie d’organismes pour suivre les évolutions et usages du secteur des médias, etc. Il faut suivre l’adaptation des usages et des audiences. Et ces éléments évoluent sans cesse. C’est à la fois la difficulté et la beauté de ce métier : constamment reconsidérer ses pratiques et se poser les bonnes questions.

 

Comment maintenir de bonnes relations avec les différents services de votre entreprise ?  

Au niveau de la maison mère, l’équipe des relations médias est composée de 3 personnes, et nous fonctionnons de manière très fluide et agile avec les différents services. Nous travaillons très bien avec la direction générale et nos interlocuteurs font confiance à notre expertise et nos relations établies avec les journalistes.

Par ailleurs, nous avons de gros enjeux de communication, avec notamment la volonté de valoriser notre promesse employeur, mais aussi de travailler la notoriété de la marque Bouygues dans tout ce qu’elle représente. Les équipes comprennent donc notre utilité : ils sont alignés avec ce besoin de partager et de prendre davantage la parole.
 

Quels sont pour vous les enjeux et défis actuels dans le métier de relations presse ?

Avec la multiplication des usages, des canaux et des supports d’information, les relations presse se sont enrichies, mais aussi complexifiées d’une certaine manière. Historiquement, nos cibles étaient la presse économique et financière, la presse spécialisée dans nos différents secteurs, et bien sûr la presse nationale quotidienne puis hebdomadaire française. Sans oublier les radios et les télévisions. Nous conservons ce socle d’interlocuteurs privilégiés. Mais aujourd’hui, s’ajoute à cela notre communication sur les différents réseaux sociaux, et la volonté de s’adresser à un public jeune, qui lit moins. Donc l’éventail s’élargit.

Par exemple, nous travaillons avec les équipes éditoriales de LinkedIn, notamment pour notre communication marque employeur. Nous collaborons avec une quantité de « nouveaux médias » comme des créateurs de contenus ou des médias plus confidentiels et spécialisés, comme des podcasts. Olivier Roussat, notre directeur général, a par exemple échangé avec Romain Lanéry pour une vidéo YouTube.

Notre souhait est désormais de réussir à émerger au niveau international. C’est dans ce cadre que nous avons initié des interviews dans le Financial Times, ou encore sur Bloomberg et CNBC.

Si je dois résumer, le défi réside dans la nécessité de s’adapter en permanence aux usages, et de raisonner par cible.

 

Comment faire pour maintenir de bonnes relations avec les journalistes ?

Pour moi, la clé est la qualité de la relation humaine qui est la base de ce métier. Il faut essayer de comprendre les enjeux de l’autre. Pour cela, il faut se parler, se rencontrer souvent, échanger de la manière la plus transparente possible sur les enjeux et les objectifs de chacun. Travailler ensemble sur la base d’une confiance et d’un relationnel établi qui doit sans cesse être entretenu.

Maintenir cette confiance, c’est un défi de tous les instants. A l’ère des réseaux sociaux, de l’immédiateté, des commentaires en ligne, tout message doit être extrêmement précis, rigoureux, pesé. Dans ce métier, finalement, tout est basé sur un échange, une collaboration.



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